VIDÉO - Comme dans un film, la NASA veut dévier un astéroïde potentiellement dangereux pour la Terre

ARMAGEDDON - A l'occasion de la Journée mondiale des astéroïdes, le 30 juin dernier, la NASA a expliqué un peu plus en détails comment elle comptait, dès 2020, faire dévier de sa trajectoire un astéroïde dont la route pourrait "frôler" la Terre...

L’histoire est connue : il y a plus de 66 millions d’années, quelque part dans la péninsule de Yucatán au Mexique, une météorite d’environ 10 kilomètres de diamètre est entrée en collision avec notre planète, sonnant du même coup le glas des dinosaures. Un impact comparable à plusieurs milliards de fois l’explosion de la bombe d'Hiroshima. 


Et pour éviter que ce passé lointain ne devienne notre futur proche, la NASA met tout en œuvre pour tenter de repérer les objets célestes qui pourraient - dans le pire des cas - rayer l’espèce humaine de la surface de la Terre. On l’imagine, la mission n’est pas aisée : les astéroïdes dont le diamètre est inférieur au kilomètre mais supérieur à 140 mètres sont ceux qui inquiètent le plus les spécialistes. Et, selon  Le Parisien, "seuls 25% d’entre eux ont été repérés. Pourtant, leur potentiel destructeur est considérable". Alors, que faire ? 

De l'ogive nucléaire aux satellites

Pour l’heure, l’agence spatiale américaine a imaginé plusieurs scénarios distincts pour parer à toute éventualité. Le premier : faire exploser, à hauteur de l'astéroïde qui viendrait nous menacer, une ogive nucléaire afin de le faire dévier de sa trajectoire. Un procédé qui comporte des risques, et non des moindres : les fragments qui pourraient résulter d’une telle entreprise seraient tout aussi susceptibles de venir frapper notre planète bleue... 


La deuxième solution, un tantinet moins hollywoodienne, comporte elle aussi une faille non négligeable. Il s’agirait donc d’envoyer, autour de l'énorme caillou, des satellites chargés, via la force de gravitation, de le faire s'écarter de sa route. Problème : il est tout bonnement impossible de mettre ce processus en action dans l’urgence. Mais heureusement pour nous, la NASA a plus d'un tour dans son sac...

Un test grandeur nature en 2022

Vendredi 30 juin, à la faveur de la Journée mondiale des astéroïdes, l’agence a levé le voile sur un plan d’attaque...  on ne peut plus concret. A l'horizon 2022, la NASA va ainsi lancer un "impacteur cinétique" de 300 kilos à destination de deux astéroïdes : Didymos A, 800 mètres de diamètre, et Didymos B, 170 mètres de diamètre. Vous l'aurez deviné, c'est particulièrement le premier qui inquiète les scientifiques...


Pour le faire dévier de sa trajectoire, la NASA compte donc sur son impacteur de la taille d'un réfrigérateur, propulsé à 11 millions de kilomètres de la Terre. Ce dernier, qui mettra dix-huit mois à arriver sur place, frappera ainsi l'astéroïde B à une vitesse estimée à 6km/seconde. Le but ? Modifier l'équilibre du duo pour que leur vitesse et leur trajectoire évoluent... et évitent ainsi le plus largement possible notre Terre ! 


Un test grandeur nature sur lequel la NASA fonde de grands espoirs. Car pour les scientifiques, c'est bien ce fameux impacteur cinétique qui constitue la piste la plus prometteuse en matière de chasse aux astéroïdes. Marc Chapuy, ingénieur guidage, navigation et contrôle  du projet NeoShield chez Astrium, précise encore que le principal problème est de réussir à atteindre la cible avec précision. Ce qui est loin d'être une mince affaire dans des conditions aussi extrêmes que celles ayant cours dans l'espace : " Le défi est donc essentiellement au niveau du système de guidage, explique-t-il  : navigation pour se repérer par rapport à la cible, guidage et contrôle pour corriger la trajectoire à partir de ces informations et assurer l’impact". 

199-AN10 en 2027

Et si le véritable test pour DART survenait... en 2027 ?  Pasquale Nardone, physicien et professeur à l'université de Bruxelles, expliquait en avril dernier : "On sait déjà qu’en 2027, on aura le prochain rendez-vous avec un astéroïde qui fait 800 mètres de diamètre et qui s’approchera à seulement 380.000 kilomètres, c’est-à-dire simplement la distance Terre-Lune quasiment".


L'objet en question, un beau bébé répondant au nom de 199-AN10, a été découvert par le programme LINEAR en janvier 1999. Et c'est le 7 août 2027 très précisément que son petit bonhomme de chemin spatial l'emmènera "près" de la Terre. Pasquale Nardone précise : "Il faut systématiquement surveiller pour être certain qu’il n’y ait pas d’impact potentiel de l’astéroïde avec la Terre. Il n’y a pas d’effet gravitationnel à cette distance parce que la masse est trop petite : il ne sera pas attiré par la Terre mais il faudra surveiller constamment la trajectoire puisque l’astéroïde peut être perturbé par d’autres planètes, par la Lune". Mais inutile se précipiter vers le premier bunker anti-atomique du coin pour autant : selon la NASA, aucune chance que le ciel ne nous tombe sur la tête pour l'instant. 

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