VIDÉO - Le coït d'un singe japonais et d'une biche intrigue les scientifiques

NOUVEAUTÉ - Un petit macaque et une biche s'aimaient d'amour tendre... Preuve que la vie sexuelle des animaux est bien plus complexe qu’elle n’y paraît.

Les êtres humains sont loin d’avoir le monopole du sexe. On savait déjà que l’homosexualité n’était pas absente du règne animal, et encore moins les pratiques libertines. Mais c’est la première fois qu’un rapport sexuel "inter-espèce" est observé chez un primate non humain. Dans cette vidéo, repérée par Le Monde, on aperçoit ce jeune macaque qui, frustré visiblement de ne pas trouver de partenaire, tente de s'accoupler avec une femelle d'une autre espèce, en l'occurence une biche sika. Elle paraît d'ailleurs tout à fait consentante, du moins elle ne semble manifester aucune opposition à ce coït. 


Sur l'île japonaise de Yakushima, où ces images rares ont été filmées, ces deux espèces ont appris à vivre en parfaite harmonie. Leur intérêt commun : la nourriture ! Lorsque les singes montent dans les arbres pour s'alimenter, les cerfs se nourrissent des fruits que ces derniers laissent tomber sur le sol.  Les primates, eux, trouvent une alimentation riche en protéines dans les tiques qui se trouent dans la fourrure des cervidés. Plus étonnant, les deux espèces semblent parfois jouer ensemble : il n'est pas rare de voir les primates monter sur leur dos, le temps d'une balade ou d'un "rodéo", comme l'ont baptisé les chercheurs.

Le macaque n’introduit pas son sexe dans celui de la biche...

C'est dans le but d'observer ces comportements inhabituels qu'une équipe de scientifiques français de l’institut pluridisciplinaire Hubert Curien (CNRS) et de l’université de Strasbourg s'est rendu sur place en novembre 2015, en compagnie du photographe animalier Alexandre Geoffroy, à qui l'on doit ce document inédit rendu public ce mardi 10 janvier dans un article publié dans la revue scientifique Primates. Le Français travaillait à la réalisation d'un livre de photos sur les singes qui peuplent l'archipel nipponne, intitulé "Saru - Singes du Japon" (aux éditions Issekinicho).


Comme on peut le voir sur ces images, le jeune macaque n’introduit pas son sexe dans celui de la biche. "Leurs anatomies respectives ne le permettent pas", précise Cédric Sueur, professeur associé à l’Institut Hubert Curien, qui coordonnait l’étude avec sa collègue Marie Pelé, interrogé par le quotidien Le Monde. Ce qui ne l'empêche pas, en revanche, d'éjaculer sur la croupe de sa partenaire, qui s'empresse alors de lécher la semence. "Un comportement assez courant chez les animaux car le sperme est particulièrement riche sur le plan nutritif", relève le biologiste.

Comme l'explique le biologiste, ce comportement peut s'expliquer par  l'incapacité du jeune macaque à trouver un partenaire de son espèce. "Un animal périphérique, qui n’a pas accès aux femelles accaparées par les dominants, mais qui a en revanche des poussées hormonales intenses". L’hypothèse d’un problème de reconnaissance de l’espèce est donc à écarter. Ce genre de scène relatant un rapport sexuel "inter-espèce" avait déjà été observé en 2004 dans l’Antarctique, lorsque des otaries à fourrure avaient été prises en flagrant délit de coïts avec des manchots royaux. Mère Nature n'a pas fini de nous étonner !

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