8 Français sur 10 estiment que les autistes sont discriminés en France

8 Français sur 10 estiment que les autistes sont discriminés en France

SONDAGE - Une étude réalisée par l’IFOP pour la fondation Jean Jaurès et l’association SOS Autisme, révèle que pour beaucoup de Français, le monde du handicap, et de l’autisme en particulier, se révèle encore trop mystérieux. Metronews vous détaille en exclusivité les principaux enseignements de ce sondage.

Un monde du handicap mal connu, pas assez visible et peu médiatisé. À la question “Pensez-vous que les personnes autistes sont aujourd’hui victimes de discriminations dans notre société ?”, 79% ont répondu “oui”. Par ailleurs, 73% d’entre eux estiment également qu’ils "manquent de connaissances" et devraient être “mieux formés” sur le monde du handicap.

81% prêts à travailler avec les autistes
Cette étude, conduite par l’IFOP pour la fondation Jean Jaurès et l’association SOS Autisme, indique pourtant que, malgré leur méconnaissance, les Français ne sont pas réfractaires à la présence des autistes auprès d’eux, notamment dans le travail : 81% sont prêts à travailler avec des autistes au quotidien dans leur entreprise. Mais 25% seulement estiment que ces derniers sont "une richesse pour la société", même si la proportion a tendance à augmenter chez les jeunes générations (35% chez les moins de 35 ans).

"Il était important qu’on fasse un sondage plutôt généraliste, pour montrer que les Français et la société sont prêts", commente Olivia Cattan, la présidente de SOS Autisme. "Ce n’est pas la société qui rejette les autistes. c’est tout le reste." Cette mère de famille, qui a quitté son travail de journaliste pour s’occuper de son fils autiste de dix ans, a en parallèle entrepris un tour de France de deux ans à la rencontre des familles, des institutions et des structures prenant en charge les autistes. Elle en a tiré un manifeste de dix propositions, à l’adresse du gouvernement et des pouvoirs publics (voir encadré).

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“On a pris un grand retard”
“Certains pays ont pris en compte l’autisme dans leur politique publique, détaille-t-elle. En France, on en est encore loin. On reste encore sur une vieille médecine, des structures qui datent. On a pris un grand retard dans la réponse qu’on donne aux parents.”

Nombreuses sont en effet les familles qui doivent s’endetter pour subvenir aux besoins et à l’éducation de leurs enfants. Souvent, les femmes sont en première ligne. “J’ai dû arrêter de travailler quand ma fille a eu cinq ans”, confirme Annie, mère d’une autiste de 17 ans, croisée sur le tournage du clip de SOS Autisme en février dernier. Dominique, 56 ans, jongle entre son emploi de comédienne et son fils, Gabriel, atteint de troubles du comportement. “C’est un gouffre financier, renchérit-elle. En Ile-de-France, la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées ndlr), est submergée. On doit tout faire par nous-mêmes.”

Grands chefs
Le gouvernement a bien mis en place un “plan autisme” qui s’étale jusqu’en 2017 et dégage 205 millions d’euros, notamment pour aider les familles dans la prise en charge. Mais, pour Olivia Cattan, cela reste “un sparadrap sur une énorme plaie ; ce sont les soins à tous les enfants autistes qu’il faut rembourser pour faire changer les choses”.

La militante reste convaincue que c’est par la pédagogie que les choses changeront. Son association a notamment tourné un clip, diffusé à partir de ce lundi sur les chaînes françaises (rajouter lien vers le reportage). Et elle continue de rencontrer un à un les professionnels. “Je suis allée rencontrer des grands chefs étoilés, raconte-t-elle. Je leur ai montré comment il était possible de travailler avec des autistes dans une cuisine”. Sa persévérance a porté ses fruits : “le mois prochain, nous allons signer une convention avec vingt grands chefs qui s’engagent à accueillir des jeunes", se félicite-t-elle.

Un changement progressif souligné par le sondage. 72% des Français sont aujourd'hui choqués par "l'emploi négatif du mot autiste dans le langage courant". "C'est le signe qu’il faut sensibiliser, sans arrêt", martèle Olivia Cattan. "Aujourd’hui, on est obligés d’être des activistes."

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