Acheter votre viande dans un distributeur automatique, ça vous dit ?

Acheter votre viande dans un distributeur automatique, ça vous dit ?

PRATIQUE - On connaissait les distributeurs automatiques de baguettes ou de pizzas. Désormais, il en existe aussi... pour la viande. Depuis le 8 février, une boucherie parisienne en propose un à ses clients, pour la première fois dans la capitale.

Envie d'un faux-filet ou d'un saucisson de montagne au beau milieu de la nuit ? Les Parisiens carnivores ne risquent plus jamais de rester sur leur faim : depuis deux semaines, la boucherie basque "L'ami Txulette", située au 120 rue de Charonne, dans le 11e arrondissement de Paris, a installé juste à côté de sa devanture le premier distributeur automatique de viande de la capitale.

Assiette de carpaccio à 6 euros, bavette d'Aloyau à 5,30 euros, cordon bleu de volaille à 1,90 euros... Les produits crus ou déjà prêts à consommer disponibles dans la machine, qui fonctionne comme n'importe quel distributeur automatique, avec espèce et carte bleue, sont tous certifiés Label Rouge et originaire du Sud-Ouest. Ce sont en fait les mêmes que ceux qui sont vendus dans la boutique, à la différence près qu'ils sont emballés sous vide et plus chers de 10 à 20 centimes. Le prix à payer pour la découpe et le conditionnement des viandes. "C'est un gros travail car nous sommes soumis aux mêmes exigences d'emballage sous vide et d'étiquetage que les supermarchés", nous explique Florence Pouzol, la patronne des lieux avec son mari Michel, foulard rouge et béret basque sur la tête. Tous deux viennent d'ailleurs d'embaucher un cinquième employé pour supporter la charge de travail supplémentaire.

"Je préférerai toujours le contact avec les commerçants"

Et ça marche. Ce mercredi matin, les rayons jambon blanc et saucisse du distributeur sont à sec. "En deux semaines, on a vendu entre cinquante et soixante produits", nous assure Florence Pouzol. Cela peut sembler peu, mais c'est selon elle largement suffisant pour assurer la rentabilité de cette machine payée 20.000 euros.

Une telle automatisation ne pourrait-elle pas toutefois, à terme, entraîner la mort des bouchers de quartier ? "Pas du tout, assure la jeune femme. Il s'agit vraiment d'apporter un service complémentaire à nos clients lorsque la boutique est fermée l'après-midi, le week-end ou le soir. Et à Paris jusqu'ici, ceux qui voulaient acheter de la nourriture la nuit n'avaient le choix qu'entre les fast-food et les kebabs..." Florence Pouzol, qui raconte avoir reçu sur Facebook des messages de bouchers "scandalisés" par "ces produits artisanaux vendus avec un canal de distribution moderne", souligne que le distributeur automatique est pourtant susceptible de leur apporter de nouveaux clients. "Certaines personnes peuvent avoir peur de rentrer dans une boucherie, parce qu'elles ne savent pas quelle pièce demander ou qu'elles craignent de payer cher, remarque-t-elle. Là, le prix est affiché et ils n'ont qu'à se servir."

Un concept très développé en Allemagne

Dans la boutique, Hervé, libraire de 60 ans, est perplexe. "C'est une bonne idée si cela peut aider des gens à consommer de la viande de qualité. Mais moi, je préférerai toujours le contact avec les commerçants". Une octogénaire se montre beaucoup plus enthousiaste : "Ça peut dépanner ! Moi, je l'utiliserai en cas de besoin".

Il n'y a pas qu'auprès de les consommateurs que la machine fait son effet. Depuis deux semaines, le distributeur automatique de Florence et Michel a eu les honneurs de plusieurs articles dans la presse étrangère, en Angleterre , en Bulgarie, et même en Nouvelle-Zélande. "L'idée les intéresse car il n' y en a pas du tout là-bas, sourit Florence Pouzol. Contrairement à l'Allemagne où l'on trouve plus de 450 distributeurs automatiques de viande dans tout le pays." En France, outre notre machine parisienne, quatre autres en tout et pour tout existent pour l'heure dans l'Hexagone, en Charente ou dans le Sud-Ouest. Après les distributeurs de baguettes , de pizzas, de légumes ou même de fromages, l'idée semble décidément coller à l'air du temps.

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