Affaire Benzema : le chantage à la sex-tape est-il réservé aux people ?

Affaire Benzema : le chantage à la sex-tape est-il réservé aux people ?

DECRYPTAGE - L’affaire Valbuena actuellement en cours, avec notamment la mise en examen récente de Karim Benzema, met en lumière la pratique du chantage à la sex-tape, aussi répandue chez les people que chez les jeunes internautes au moment des ruptures amoureuses. Eclairage avec la sociologue Catherine Blaya.

C’est le dernier scandale en date dans le monde du football. Jeudi, Karim Benzema a été mis en examen après 24 heures de garde à vue dans le cadre du "Valbuenagate". Concrètement, l'attaquant du Real Madrid est soupçonné d'avoir été complice d'une tentative de chantage à propos d'une vidéo intime de Mathieu Valbuena. Ce dernier n'a pas cédé, préférant déposer plainte plutôt que de verser la somme qu'on lui réclamait. A l'inverse de l'ancien couple Pete Doherty et Kate Moss, qui en 2013 révélait avoir cédé à un maître chanteur qui détenait des images de leurs ébats, en le rémunérant grassement afin de préserver son intimité. Plus récemment encore, on apprenait au mois d'octobre que l'ancien mari de Jennifer Lopez, Ojani Noa, menaçait la star de diffuser une sextape de leur lune de miel, qui remonte à 1997. 

De quoi s'interroger : le chantage à la sex-tape est-il une affaire de people ? Absolument pas, à en croire la sociologue Catherine Blaya, chercheuse à l’université de Nice et présidente de l’Observatoire International de la violence à l’école : "Le chantage à la sex-tape relève de la cyber-violence, précise-t-elle à metronews. Il s’agit de chantage avec menaces et extorsions de fonds. De plus, cela met en œuvre l’utilisation frauduleuse de l’image d’autrui, sans son accord. Beaucoup de jeunes en sont victimes, notamment dans le cadre de ruptures amoureuses."

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"Donner un statut aux victimes"

Ainsi, selon l’enquête "EU Kids Online" menée en 2012 , il est établi que 26% des jeunes interrogés sont victimes de cyber-violence. Messages agressifs, diffusion de photos humiliantes : les méthodes de harcèlement en ligne sont légion et parmi elles, le chantage à la sex-tape est un phénomène réel, qui concerne les internautes dès l’adolescence. Les tribunaux, d’ailleurs, s’y intéressent de près. "La presse s’est mobilisée récemment, à l’image de cette affaire Valbuena. Du coup, la justice est amenée à se pencher sur les questions de protection des individus dans le cadre des violences sur la toile, poursuit la sociologue. Il ne s’agit pas de criminaliser à tout cran mais de donner un statut aux victimes et de les reconnaître en tant que telles, de les accompagner et de leur donner la possibilité de l’action."

C’est ainsi qu’en juillet 2014, le tribunal correctionnel du Havre a condamné un homme à trois mois de prison avec sursis pour avoir menacé de diffuser les enregistrements intimes où figurait son ancienne compagne. Et des histoires récentes prouvent qu’il n’y a nul besoin de tourner une sex-tape pour être victime d’un chantage en bonne et due forme. Au début du mois d’octobre, le maire UDI de Bourg-Charente, Jérôme Sourisseau, s’est vu réclamer 8000 euros par une femme en échange de la non-diffusion d’une vidéo porno. L’auteure du chantage avait en réalité truqué le film et incrusté le visage de l’élu dans une position fort compromettante. Une enquête est en cours, mais selon les gendarmes, "ce type d’arnaque est très courant".

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