Age, lieux, profil des agresseurs : ce que les Français ignorent du viol

Age, lieux, profil des agresseurs : ce que les Français ignorent du viol

ETUDE - L’association Mémoire traumatique et victimologie présente mercredi un grand sondage sur les représentations que les Français se font sur le viol et les violences sexuelles. Il apparaît que les Français affichent un fort niveau de méconnaissance des chiffres du viol.

Les chiffres sont forts : 84 000 femmes et 16 000 hommes âgés de 18 à 75 ans sont victimes de viols ou tentatives de viol, chaque année. Au cours de leur vie, une femme sur 6 rapporte un viol ou une tentative de viol, et une femme sur 5 une agression sexuelle. Pourtant, un sondage mené par Ipsos pour l’association Mémoire traumatique et victimologie montre que cette réalité est encore largement méconnue. Pire : de nombreux Français ont encore d es stéréotypes qui tendent à véhiculer la culture du viol , à excuser les agresseurs, voire à faire porter la faute sur les victimes. Petit état des lieux des fausses croyances révélées par le sondage, à travers un VRAI-FAUX.

 Beaucoup de Français pensent que c’est à l’adolescence que l’on court le plus de risque d’être violé.
PAS SI VRAI.
D'après le sondage, plus de la moitié des Français considèrent que c’est à l’adolescence qu’un viol a le plus de risque de se produire (57%), beaucoup plus qu’à l’âge adulte (26%) ou au moment de l’enfance (17%). Les statistiques disponibles tendent à montrer que, si elles sont plus courantes avant 18 ans qu’à l’âge adulte, c’est avant 11 ans que les violences sexuelles sont le plus susceptibles de se produire.

 Beaucoup de Français pensent que les victimes de viol connaissent rarement leur
agresseur.
FAUX.
De même, dans le sondage, 44% des répondants pensent que c’est avant tout par un individu qu’elle ne connaît pas qu’une personne court le plus de risque d’être violée ; alors que selon les études les victimes de viol et de tentatives de viol connaissent leur agresseur dans environ 90% des cas. Ce sont les jeunes qui adhèrent le plus à ce mythe très répandu (52% des 18-24 ans).

 Beaucoup de Français pensent que c’est dans les espaces publics que les viols ont le
plus souvent lieu.
FAUX.
Alors que c’est au sein de la sphère familiale qu’un viol a le plus de risques de se produire, plus de la moitié des Français (55%) estiment que c’est l’espace public qui est le plus à risque, et seul un quart des répondant-e-s (24%) considère que c’est au sein de la cellule familiale que le risque est majoré. Ce sentiment selon lequel un viol aurait plus de risques de survenir dans un espace public est particulièrement répandu chez les femmes de moins de 45 ans (62%).

 Les Français estiment qu’il y a moins de 50 000 viols par an. 
FAUX
. Près de 2 Français sur 3 (65%) estiment que le nombre de viols ayant lieu chaque année en France ne dépasse pas le seuil des 50 000. Ces chiffres se situent largement en deçà de la moyenne observée sur les cinq dernières années et faisant état de 98 000 viols ou tentatives de viol, dont 84 000 sur des femmes et 14 000 sur des hommes. "Et encore, ces statistiques sont très loin de refléter la réalité du nombre de viols en France, puisqu’ils ne concernent que les 18-75 ans en ménage ordinaire résidant en France métropolitaine", indique l’association. "Ils ne tiennent donc pas compte des viols et tentatives de viol sur des mineurs ou des personnes de plus de 75 ans. En y ajoutant les mineurs qui sont les premières victimes de violences sexuelles et que l’on estime à 124 000 filles et 30 000 garçons victimes de viols ou de tentatives de viol chaque année, on arrive au chiffre de 252 000."

 Les Français estiment que 25% des victimes de viol portent plainte.
FAUX.
Dans le sondage, la part des victimes qui portent plainte est quant à elle largement surévaluée, alors que 47% des Français considèrent que les victimes déposent plainte dans 25% des cas, seul un Français sur 3 a répondu correctement et estime que seulement 10% des victimes de viol portent plainte après leur agression. Malgré cette méconnaissance, le grand public est cependant conscient de la difficulté à porter plainte suite à un viol, précise l'association : la crainte des menaces ou des représailles, le traumatisme ou encore la peur de ne pas être cru ont autant de raisons qui conduisent fréquemment les victimes à ne pas déposer plainte selon la quasi-totalité des sondés.

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