Appels au meurtre contre des "beurettes" : l’autre visage de "Chronic 2 Bass", l’auteur du coup de gueule contre les terroristes

Appels au meurtre contre des "beurettes" : l’autre visage de "Chronic 2 Bass", l’auteur du coup de gueule contre les terroristes

DOUBLE FACE - Le blogueur "Chronic 2 Bass", qui a gagné en notoriété grâce à son coup de gueule contre les auteurs des attentats du 13 novembre, est également l’auteur de propos très violents envers plusieurs jeunes femmes arabes.

Mise à jour - Après lecture de cet article, "Chronic 2 Bass" a tenu à préciser à metronews que certes, il dénonce ce qu'il appelle "le phénomène des beurettes" ("c'est-à-dire ces maghrébines qui tournent dans des clips de rap, dans des films porno et font de la télé réalité"). Il ajoute que ses prises de position ont conduit "à des clashs et des insultes, mais toujours sans violence." Quant au contenu des captures d'écran de la discussion Facebook avec Laura, il le réfute.

Pour beaucoup il est devenu, après les attentats du 13 novembre, un modèle de sagesse. Le cri de colère publié sur Facebook de Bassem B., dit "Chronic 2 Bass", a fait le tour des médias. Dans une vidéo en date du 18 novembre, il appelle en tant que Français musulman à "traquer" les terroristes, "ces imposteurs qui se font passer pour des musulmans en tuant des gens". Jeudi, celui qui se présente comme un blogueur habitant du Rhône connait même le privilège de recevoir chez lui les caméras du journal télévisé de France 2. Sur metronews, nous avons nous aussi relayé jeudi cette vidéo, qui apparaît si réconfortante après l’horreur de ces attaques meurtrières.

Mais ce qu’on sait moins, c’est qu’avant de devenir le visage de l’unité nationale, "Chronic 2 Bass" avait pour habitude de diffuser largement des propos misogynes et orduriers à l’égard de plusieurs jeunes femmes arabes. Des messages rédigés sur une première page Facebook, au nom de "Chronique De Bass" et à la photo de profil identique, désormais supprimée.

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"Un cancer qui vient de chez nous"

Laura (prénom changé) a été la cible d’appels au meurtre répétés de la part de cette personne. Elle a pris contact avec metronews. Elle raconte : "Je suis danseuse et une vidéo de moi sur scène aux côtés de Usher a été diffusée sur internet. Cela ne me dérangeait pas, jusqu’à ce qu’on me signale qu’un certain ‘Chronique De Bass’ l’avait reprise sur Facebook, assortie de commentaires très violents et injurieux." Sur les captures d’écran ci-dessous, effectuées par Laura au moment du litige il y a trois semaines, on peut donc assister à plusieurs incitations à la haine et à la violence, envers cette "beurette, un cancer qui vient de chez nous" et "qu’il faut pendre pour l’exemple".

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"Qu'Allah te brise le dos"

À la vue de ce post, Laura cherche donc à entrer en contact avec son détracteur, afin de le raisonner. En réponse, elle reçoit des nouveaux flots d’insultes et de menaces, dont voici des extraits :

Et Laura n’est pas la seule à avoir fait les frais de sa violence. Une autre jeune femme, à la recherche d’un modèle pour danser dans un clip, est également décrite comme une "pute maudite" dont "la tête est mise à prix, récompense à l’appui". Toujours sur son ancienne page Facebook, "Chronique De Bass" demande même l’adresse de sa cible. Le but ? Que ses "frères parisiens" lui fassent "manger le sol".

"Violent dans les mots, jamais dans les actes"

"Facebook a d’abord refusé de suspendre le compte de Chronique De Bass", nous apprend encore Laura. "À force de signalements, j’ai obtenu que ma vidéo disparaisse de sa page. Puis, le 14 novembre, j’ai été informée de la fermeture de son profil Facebook." Mais l’homme ne baisse pas les bras pour autant. Dans la foulée, il crée la page "Chronic 2 Bass" et publie sa réaction aux attentats, qui reçoit le succès qu’on connait.

Laura, quant à elle, ne cache pas son écœurement. "Il dit vouloir faire le ménage parmi les terroristes. C’est son nouveau combat, il y a un mois, il voulait faire le ménage parmi les femmes." Contacté par metronews, le blogueur reconnait être l’auteur de ces messages et assure "ne regretter en aucun cas ses propos". Il ajoute : "violent dans les mots, jamais dans les actes. J’assume."

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