Attaque de Charlie Hebdo : qu'est-ce qu'une journée de deuil national ?

Attaque de Charlie Hebdo : qu'est-ce qu'une journée de deuil national ?

TERRORISME - Mercredi soir, François Hollande a décrété une journée de deuil national, jeudi, en hommage aux victimes de la terrible attaque qui a frappé Charlie Hebdo. En quoi consiste cette décision rarissime sous la Ve République ? Eléments de réponse.

Ce n'est que la cinquième fois qu'une telle décision est prise depuis 1958 et l'avènement de la Ve République en 1958. Jeudi sera, dans tout le pays, une journée de deuil national. Signe extrêmement fort du séisme provoqué par la sanglante attaque terroriste qui a coûté la vie à douze personnes, mercredi matin, dans et aux abords des locaux de Charlie Hebdo, dans le 11e arrondissement de Paris.

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Mercredi soir, François Hollande en a fait l'annonce solennelle du palais de l'Elysée . Il faut remonter au 14 septembre 2001, trois jours après la destruction des tours jumelles de New York par Al-Qaida pour trouver trace du dernier jour de deuil national en France. Avant cela, cette décision n'avait été prise qu'à la mort des présidents de la République : Charles de Gaulle en 1970, Georges Pompidou en 1974 et François Mitterrand en 1996.

Alors, que va-t-il se passer jeudi ? Dans son allocution, François Hollande a esquissé les contours de la journée, et des suivantes. En ce qui le concerne, le chef de l'Etat recevra son prédécesseur, Nicolas Sarkozy à l'Elysée à 9h30, avant de s'entretenir par téléphone avec les deux anciens chefs de l'Etat, Valéry Giscard d'Estaing, puis Jacques Chirac. Dans l'après-midi, "pour montrer notre commune détermination", le président de la République s'entretiendra avec les présidents des deux chambres parlementaires : Claude Bartolone (Assemblée nationale) et Gérard Larcher (Sénat). Il recevra ensuite les leaders des partis possédant un groupe au Parlement - vendredi, ce sera au tour de ceux qui n'ont pas assez d'élus pour constituer un groupe, comme le Front national de Marine Le Pen.

Minute de silence

Mais la journée de deuil national concernera également les agents de la fonction publique - et tous les Français qui le souhaitent. A midi, a annoncé le chef de l'Etat mercredi soir, un moment de recueillement devra être respecté dans les bâtiments publics en mémoire des victimes. Lui-même observera une minute de silence à la préfecture de police de Paris. Pour autant, contrairement à des jours de deuil précédents, les services administratifs fonctionneront normalement. Les écoles, par exemples, ne seront pas fermées.

Enfin, et pour les trois jours qui viennent, les drapeaux seront mis en berne. Une marque d'hommage et de respect certes forte, mais moins exceptionnelle : cela avait été le cas en septembre dernier après la mort de l'otage français Hervé Gourdel en Algérie ou, deux mois plus tôt, après le crash de l'avion d'Air Algérie qui avait provoqué la mort de 54 Français.

Seule petite entorse à la procédure, une journée de deuil national est normalement décrétée en Conseil des ministres - on parle, dans un autre cas de figure de "journée de deuil de niveau national". Au vu de la barbarie du crime commis mercredi et de l'onde de choc provoquée dans le pays, François Hollande a décidé de passer outre. 

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