Attentat de l'Hyper Cacher : Valls ne veut plus voir "des juifs exprimer leurs peurs ou des musulmans leur honte"

HOMMAGE - A l'occasion des commémorations des attentats de janvier, une cérémonie a eu lieu devant l'Hyper Cacher lundi en fin de journée. En marge de cet hommage, Manuel Valls a indiqué qu'il ne voulait plus voir "des juifs exprimer leurs peurs ou des musulmans leur honte".

"Je ne veux plus entendre, dans mon pays, dans ce beau pays qu'est la France, des juifs exprimer leurs peurs ou des musulmans leur honte et voir ces affrontements, ces confrontations. Nous avons besoin de nous rassembler". En pleines commémorations des attentats de janvier 2015, Manuel Valls a indiqué ce lundi devant les journalistes qu'il ne fallait "jamais oublier la montée de l'antisémitisme et du racisme" dans le pays.


Le soir de ses déclarations, l'ancien Premier ministre assistait à une cérémonie d'hommage rendu devant l'Hyper Cacher,  à l'appel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), pour rendre hommage aux victimes du terrorisme dans ce magasin de l'est parisien. Parmi les personnes présentes, il y avait notamment le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux, la maire de Paris Anne Hidalgo, la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse, l'ancien premier ministre François Fillon mais aussi le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Anouar Kbibech.

"Nous, Français juifs, retrouvons peu à peu notre place dans la communauté nationale", a alors déclaré devant l'assistance, le président du Crif Francis Kalifat. Des propos loin d'être anodins alors qu'il n'y a jamais eu autant de Français juifs à partir en Israël depuis cinq ans et que des dignitaires israéliens tels que Benyamin Netanyahu multiplient les appels du pied dans ce sens. "Nous étions vigilants, nous le sommes toujours. Au moins nous ne sommes plus des cibles dans l'indifférence". "Nous n'oublierons jamais Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab et François Michel Saada, victimes de la haine antijuive", a-t-il indiqué. 

Des gerbes de fleurs à la mémoire de la policière Clarissa Jean-Philippe

Des bougies ont ainsi été allumées à la mémoire de toutes les victimes du terrorisme et le grand rabbin de France, Haïm Korsia, a récité un psaume, le kaddish (sanctification) des endeuillés avant qu'une Marseillaise ne soit entonnée.


Un peu plus tôt dans la journée, des gerbes de fleurs ont été déposées aux pieds d'une plaque à la mémoire de Clarissa Jean-Philippe, la policière tuée le 8 janvier 2015. Une minute de silence avait alors été faite en présence du ministre de l'Intérieur, ainsi que la ministre des Outre-mer Ericka Bareigts et de la secrétaire d'État chargée de l'aide aux victimes, Juliette Méadel.

"C'est sans doute parce qu'elle portait un uniforme" qu'elle  "a été la cible d'un terroriste", a déclaré le maire de Montrouge (Hauts-de-Seine), au sud de Paris, Etienne Lengereau (UDI). "A travers Clarissa Jean-Philippe, notre ordre public, l'ordre de notre République, ont été visés et ont été atteints", a-t-il poursuivi avant de rendre également hommage à deux collègues policiers dont l'un avait réussi à désarmer Amédy Coulibaly, et l'autre avait été grièvement blessé. 

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