Attentats à Paris : l'économie en berne

Attentats à Paris : l'économie en berne

SOCIÉTÉ - Au lendemain des attentats qui ont coûté la vie à 128 personnes, les commercants font grise mine. Car les Parisiens et les touristes ont déserté les échoppes, et les hôtels font face à des annulations.

Bon Marché, H&M, Sephora ou Galeries Lafayette... Les unes après les autres, les grandes enseignes ont baissé leur rideau ce samedi, par manque de clients ou pour le symbole. Et nombreux sont ceux à déserter les hôtels ou les principaux lieux touristiques, au lendemain des attentats survenus dans la capitale.

Le groupe Galeries Lafayette avait ouvert ses magasins samedi matin, invoquant "un engagement citoyen" et une "volonté de résistance". Mais, "le groupe a malheureusement été contraint de revenir sur cette décision à midi concernant ses magasins parisiens (...) compte tenu de ses difficultés à assurer une qualité de service optimale pour ses clients", détaille le groupe. Les boutiques parisiennes ne sont pas les seules à tirer un trait sur leur week-end : les Cinémas Gaumont Pathé de Paris ont annoncé qu’ils n’accueilleront pas de spectateurs samedi, de même que les musées parisiens.

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"Dans les hôtels, des clients commencent à partir aussi"

Les annulations affluent aussi dans de grands établissements parisiens, habituellement prisés des touristes. Le célèbre cabaret Moulin Rouge a décidé à la mi-journée de fermer ses portes samedi soir "pour assurer la sécurité" alors que "beaucoup de gens" avaient déjà appelé pour annuler. Aux terrasses des cafés de "la plus belle avenue du monde", les rangs des clients étaient clairsemés. Les hôtels ne sont pas non plus épargnés. "Dans les hôtels, des clients commencent à partir aussi", a expliqué Didier Chenet, le président du Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs (Synhorcat).

Côté transports, le manque à gagner devraient toucher de nombreuses compagnies : American Airlines a décidé dès vendredi de reporter ses vols des Etats-Unis vers Paris. Trois vols United Airlines prévus vendredi soir ont aussi été reportés. Du côté de Marne-la-Vallée, une porte-parole de Disneyland Paris n'a pas pu préciser si le parc rouvrirait ses portes dimanche, où jusqu'à 50.000 personnes peuvent se presser.

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Un million de touristes perdus par l'Egypte

Annulations, portes closes... autant de causes pour une seule et même conséquence : des finances en berne, difficile pour l’instant à chiffrer. "on est incapable de donner des éléments quantitatifs", a indiqué une porte-parole de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih), principale organisation patronale de l'hôtellerie-restauration, interrogée sur l'impact des attentats sur le secteur. Ajoutant : "C'est beaucoup trop tôt pour donner quoi que ce soit comme information. C'est plutôt aujourd'hui de la compassion vis-à-vis des victimes, des familles par rapport à ce qui s'est passé".

Il est néanmoins possible de se faire une idée des pertes à venir en prenant l’exemple tunisien. Après l'attentat de Sousse au mois de juin, le pays avait été déserté par les touristes. Surtout qu’un scénario terroriste s’était déjà déroulé quelques mois plus tôt, au musée du Bardo. Un premier bilan touristique de l'année, réalisé au mois de septembre, attestait que la Tunisie avait perdu un million de touristes depuis les attentats. Même problématique en Egypte, à la suite de l’attentat présumé contre un avion russe, occasionnant le rapatriement de certains ressortissants étrangers.

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