Attentats de Paris : une prostituée et un client suspectés (à tort) d'être des terroristes

Attentats de Paris : une prostituée et un client suspectés (à tort) d'être des terroristes

ATTENTATS - Deux lignes de téléphones suspectes qui ont borné au soir du 13 novembre près des lieux des attentats de Paris se sont avérées déconnectées de tout lien avec les djihadistes. Il s'agissait en réalité d'une call-girl arrivée depuis la Belgique pour passer le week-end avec un homme dans la capitale française.

De l’art de se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment. Depuis les attentats du 13 novembre, les enquêteurs étaient sur la trace d’une quatrième équipe, présente dans les rues de Paris pour appuyer ceux qui, du Stade de France aux "terrasses" en passant par le Bataclan, allaient tuer 130 personnes. Sauf que les suspects, récemment identifiés, selon Le Parisien qui révèle l’information ce mardi, étaient tout sauf des terroristes.

Tout débute par une étrange découverte : au fil des diverses attaques qui ont frappé la capitale ce soir là, deux téléphones portables sont géolocalisés. Les deux lignes, une belge et une française, bornent à chaque fois à proximité. La ligne "belge" borne ainsi en fin d'après-midi, le 13 novembre, à la gare de Bruxelles. Trois heures plus tard, son téléphone est localisé à proximité du Stade de France, à 21h10, quand il reçoit un appel de la ligne "française". Dix minutes après, une première explosion retentit sur place.

A LIRE AUSSI >>  Attentats de Paris : une planque où Salah Abdeslam se serait caché 20 jours retrouvée en Belgique

Jawad dans "une rage folle"

A 21h31, les deux portables sont localisés ensemble avenue Philippe-Auguste, dans le 11e arrondissement, à deux pas de la Place de la Nation. Une minute plus tard, l’équipe des terrasses débutent son carnage. Enfin, peu après 22 heures, les deux téléphones bornent dans le 18e arrondissement, à environ un kilomètre de là où Salah Abdeslam est localisé. Ils y resteront tout le week-end, vers le quartier de Château Rouge.

Autant de coïncidences auxquelles ne croient pas les enquêteurs. Après une filature conjointe entre les autorités françaises et belges, la ligne belge est démasquée : il s’agit d’une jeune fille, connue pour des faits de prostitution. La ligne française, elle, appartient à un homme de 26 ans, résidant dans le 18e arrondissement. "Les deux terroristes présumés n'étaient qu'un couple en goguette", résume Le Parisien, précisant que la jeune femme a raconté aux enquêteurs comment elle "a rejoint un ami à Paris pour passer un week-end dans l'une des plus belles villes du monde."

Un week-end, par le plus grand des hasards, dans les pas des tueurs. Ce scénario, aussi improbable soit-il, ne s’arrête pas là. Car Jawad Bendaoud, le "logeur" d’Abaoud à Saint-Denis, rentre à son tour en scène. Dans la foulée des attentats, l'examen de la téléphonie avait établi que Jawad Bendaoud était en contact dix jours plus tôt avec une ligne belge, elle-même en contact avec un autre numéro belge, au centre des interrogations des enquêteurs avant qu’ils ne découvrent qu’il appartenait à une prostituée. Interrogé sur cette ligne lors de sa garde à vue, Bendaoud avait indiqué tout ignorer de cet interlocuteur et était entré "dans une rage folle", jusqu'à casser l'ordinateur du policier qui menait l'audition, selon une source proche du dossier.

A LIRE AUSSI 
>>  "Les moyens mis en oeuvre, c'est zéro" : les victimes des attentats et leurs proches élèvent la voix
>> Notre dossier consacré aux attentats du 13 novembre 

Les tags

Et aussi

Sur le même sujet

À suivre

Rubriques