Au Repair Café, la bidouille évite la casse aux appareils électriques

Au Repair Café, la bidouille évite la casse aux appareils électriques

ENVIRONNEMENT – Initiatives, entreprises, projets... dans le cadre de son partenariat avec le prix Entreprise pour l’environnement (EPE), "metronews" vous parle d’économie circulaire chaque semaine jusqu’en mars. Aujourd’hui, notre reportage dans un café nomade où des réparateurs bénévoles ressuscitent grille-pains, ordinateurs et autres sèche-cheveux.

Paris 19e. "Tant pis, c’est irréparable !". Accoudée à une table démontable, une sexagénaire laisse filer un poil de déception. Comme la centaine de personnes qui attend patiemment son tour, elle pensait pourtant éviter la casse à un vieux caméscope à cassettes grâce aux ateliers de Repair Café . L'association organise en effet deux samedis par mois des après-midi de bidouille afin de ressusciter les appareils électriques (et autres) en état de mort cérébrale. En vain : l’engin, en panne, ne se rallumera pas.

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Un peu plus loin, Lisa, 43 ans, est, elle, aux anges. Cette ex-haut fonctionnaire, qui s’est prise de passion pour la COP 21 en décembre dernier, repart avec son grille-pain en état de marche. En moins de 30 minutes, à l’aide d’un réparateur bénévole "spécialiste des grille-pain et des machines à coudre", elle a réussi à faire disparaître le faux contact qui empoisonnait ses petits-déjeuners. "Je reviendrai forcément, confie la quadra sensible à la lutte contre l’obsolescence programmée, en plus je fais un geste pour la planète et j’évite la surconsommation."

Le réemploi made in Pays-Bas

A Paris, l’association Repair Café – et son noyau dur d’une quinzaine de bénévoles –sévit d’espace culturel en espace culturel depuis avril 2013. Le principe : réunir gratuitement – ou à prix libre – des réparateurs bénévoles professionnels ou "mordus d’électronique" et des anonymes autour d’un café pour déjouer la mort programmée des appareils du quotidien (sèche-cheveux, aspirateurs, cafetières, ordinateurs portables, écrans, etc.). En revanche, le concept, lui, est né à Amsterdam aux Pays-Bas en 2010 sous l’impulsion de Martine Postma, une ancienne conseillère municipale et journaliste. Depuis, 953 lieux de réparation participative ont ouvert partout en Europe, et notamment en France, en région parisienne , à Marseille, Rennes, Nice, Toulouse, Lille, Tours ou Niort, etc. – la liste est longue.

Le constat de départ est encore une fois très simple : "Parfois, on a tendance à jeter des choses qui ont des pannes très simples ou des défauts de maintenance", assure Elsa, 28 ans, une bénévole-référente de l’association, par ailleurs consultante et chargée d’études en économie circulaire. A travers le pays, le réseau de réparation gratuite tente alors de mener sa révolution silencieuse contre le tout-jetable tout en créant du lien social. "Faire de la pédagogie pour faire naître des "consomm'acteurs", c’est une facette de l’économie circulaire qui m’intéresse", poursuit la jeune femme. Et ça marche. A l'entrée de l'espace Riquet, lorsqu'on quitte le lieu, une dizaine de personnes font encore la queue pour s'inscrire. Gageons qu'elles repartiront comblées. 

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