Bernard Cazeneuve dégaine son plan contre le trafic d'armes

Bernard Cazeneuve dégaine son plan contre le trafic d'armes

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TRAFIC D'ARMES - Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a dévoilé vendredi un plan en vingt mesures pour lutter contre le trafic d'armes. En voici les principales.

Après une énième fusillade à Marseille mi-septembre, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait annoncé un plan contre le trafic d'armes. Le ministère estime en effet à "1.800" le nombre de décès par armes à feu chaque année. Selon les chiffres , il y aurait près de 5.000 armes saisies en France, 5.300 pour la seule année 2014, dont près de 175 armes de guerre telles des Kalachnikov. Vendredi, Bernard Cazeneuve a dévoilé une vingtaine de mesures visant à endiguer ce trafic. Voici les principales.

Des "coups d'achat" comme la drogue
Infiltrer les réseaux et les trafiquants. Manuel Valls avait déjà annoncé que les policiers pourraient réaliser des "coups d'achat", à savoir jouer le rôle d'un acheteur potentiel ; comme cela se pratique pour les stupéfiants et recourir plus facilement à la géolocalisation et aux perquisitions. Les enquêteurs travaillant sur le trafic d'armes pourront ainsi "solliciter", sous couvert de la loi, des trafiquants présumés afin de mettre au jour leurs activités criminelles.

Nouveau fichier national
Création d'un fichier national d’identification balistique (FNIB), système d’imagerie moderne (rapidité d’acquisition d’image, qualité de visualisation et potentiel de discrimination des cas archivés), permettant l’identification des éléments retrouvés sur les scènes d’infraction (douilles etc.) et facilitant les rapprochements dans les enquêtes judiciaires, indique le ministère.

Des "cyberpatrouilles"
Internet est une des filières importantes d'approvisionnement d'armes. Le ministère entend "renforcer l'action ciblée" des services d'enquête afin de "déstabiliser" ces filières. Les enquêtes se feront sous pseudonyme sur Internet grâce à des "cyberpatrouilles". Les policiers pourront ainsi plus facilement traquer les vendeurs et acheteurs sur le dark net, partie invisible de la toile où nombre de trafiquants font affaire.

Multiplier les opérations dans les quartiers sensibles
Le plan prévoit de développer des actions de contrôle ciblées dans les quartiers sensibles, en particulier dans les zones de sécurité prioritaires (ZSP). Il entend également multiplier les visites des parties communes, des locaux inoccupés et des parkings, en lien avec les bailleurs sociaux. Le recours aux chiens spécialisés dans la détection des armes et des munitions sera par ailleurs privilégié.

Développer la coopération
"En marge du marché légal et des quatre millions d'armes détenues officiellement par les Français", un "important trafic en provenance des Etats de l'Union européenne (UE) et de pays tiers" s'est "développé", indique le ministère. Ce trafic dispose "d'arsenaux de guerre tombés aux mains de civils ou d'organisations mafieuses", notamment "à la suite de l’effondrement du bloc soviétique" et des guerres dans les Balkans. Une des mesures entend renforcer la lutte au niveau européen et la création d'une unité permanente de renseignement (UPR) dans les Balkans pour détecter les Français qui s'y approvisionnent.

Inviter les "citoyens" à "déposer les armes"
Une invitation aux "citoyens" à "déposer les armes", c'est à dire remettre les armes irrégulièrement détenues aux forces de l'ordre pour qu’elles puissent être neutralisées, est prévue. Comme cela s'est fait aux Antilles, en 2013 et 2014, à la suite de fusillades. Le ministère précise que 7 500 armes ont été volées en 2014, dont 80 % au cours de cambriolages de domiciles.

Des peines de prison alourdies
L'acquisition, la détention et la cession des armes les plus lourdes seront désormais passibles d'une condamnation à cinq ans de prison, contre trois actuellement.

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