Béziers : le détenu qui s'est filmé un joint à la main dans sa cellule sera jugé mercredi

Béziers : le détenu qui s'est filmé un joint à la main dans sa cellule sera jugé mercredi

JOUE LA COMME AURIER – A Béziers, le détenu du centre pénitentiaire du Gasquinoy, s’est connecté en ligne via l’application controversée Periscope. Il a librement discuté avec des internautes, avant, ce lundi, d'être placé en garde à vue....

La sentence a été immédiate. Le parquet de Béziers a annoncé mardi que le détenu qui s'est filmé ce week-end en cellule et en direct via l'application Périscope passera en comparution immédiate mercredi à 14 h 30. 

L'information a été révélée lundi, par le Midi Libre. L'homme discutait, devant sa caméra, un joint à la main. Les images tournaient sur Internet. Image normale d’un adolescent connecté ? Pas tellement… L’internaute était en prison, au centre pénitentiaire du Gasquinoy à Béziers. Il s’était connecté sur Periscope, l’application à l’origine du scandale autour du joueur de foot Serge Aurier, et diffusait les images de sa cellule, tout en appelant les internautes à venir discuter.

Discussions avec le monde extérieur

L’histoire insolite était relevée par le Midi Libre, et s’est passée dans la nuit de samedi à dimanche. Le dénommé Luciano, la vingtaine, a publié en ligne plusieurs vidéos où il répond en direct aux messages qu’il reçoit. Le temps limite pour visionner ces vidéos a expiré ce lundi, mais le Midi Libre les a consultés. "On y distingue nettement sa cellule et la cour de la prison filmée depuis la fenêtre. Le détenu fait quelques commentaires : 'Nous, on est à Béziers mais tu as compris... Tu vois l'environnement"", rapporte le quotidien local . "Sur l'une des vidéos, on le voit 'rouler un joint' sous l'objectif, toujours en discutant avec le monde extérieur. Plusieurs messages lui demandent même de faire 'visiter sa cellule'." 


Sans doute friand d’un large audimat, le jeune garçon multiplie les supports pour faire connaître son initiative. Il a ainsi crée pour cela un compte Twitter, via lequel il appelle là aussi à venir regarder les vidéos en ligne. Ledit compte semble n’avoir été créé que dans ce but. En revanche, la diffusion n’est pas encore vraiment à grande échelle : Luciano, qui a diffusé une dizaine de tweets, compte pour l’instant… cinq abonnés.


Une envie de s'afficher qui a directement conduit le jeune homme, condamné à quatre ans de prison pour vol aggravé, en garde à vue ce lundi, à la découverte de ces images. Il pourrait être présenté au parquet dans la journée de mardi.

"Le Gasquinoy est une véritable passoire !"

Depuis plusieurs semaines déjà, les agents pénitentiaires de Béziers dénoncent un manque de sécurité dans cette prison relativement récente. En 2014, un détenu avait lui aussi créé le scandale, dans la même prison, en diffusant sur sa page Facebook des photos, vidéos et commentaires sur sa vie carcérale. "Le Gasquinoy est une véritable passoire !", avait réagi Fabrice Caujolle, représentant de l'Ufap Béziers,  dans les colonnes du Midi Libre . Il expliquait notamment que les détenus recevaient des téléphones et autres cadeaux de l’extérieur, par le biais de projections de colis envoyés dans la cour.

Reste que la prison de Béziers n’est pas la seule concernée par ces fuites sur Internet. En août dernier, des vidéos montrant des détenus faisant la fête dans leur cellule avaient défrayé la chronique, au Royaume-Uni. Ils célébraient l’anniversaire de l’un des leurs et avaient fait tourner les vidéos sur l’application Whatsapp. En France, en septembre, des journalistes de la Voix du Nord avaient réussi à entrer en contact avec des détenus de la prison d’Arras via le réseau social Facebook. Au cours de leur enquête, ils avaient mis en évidence l'omniprésence des téléphones portables dans l'établissement, posant ainsi la question de la surveillance et de la sécurité.

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