Bure : la justice suspend le projet d’enfouissement des déchets nucléaires

Bure : la justice suspend le projet d’enfouissement des déchets nucléaires

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RÉPIT - Le tribunal de grande instance de Bar-le-Duc a suspendu, lundi 1er août, les travaux effectués par l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra) à Bure, dans la Meuse, car il estime qu’ils nécessitent une autorisation de la préfecture.

Les opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure (Meuse) ont obtenu un peu de répit. Lundi 1er août, le tribunal de grande instance de Bar-le-Duc a suspendu les travaux effectués par l’Andra, l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs. Catherine Buchser-Martin, vice-présidente du tribunal, a jugé que les travaux effectués au bois Lejuc représentent du défrichement, et non du déboisement, comme l’affirme l’Andra. Elle a donc ordonné la suspension des travaux et la remise en état des lieux, environ 8 hectares.

Le défrichement, selon le code forestier, est l’action de "détruire l’état boisé d’un terrain et de mettre fin à sa destination forestière", il nécessite une autorisation de la préfecture, que l’Andra peut encore demander. Dans un communiqué commun, des associations opposées à ce projet ont salué cette décision de justice et assurent qu’elles ne comptent pas "en rester là". Objet de contestation depuis près de 20 ans, le projet Cigéo d'enfouissement de déchets radioactifs à Bure, aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne, doit accueillir les déchets les plus radioactifs, ainsi que ceux ayant la durée de vie la plus longue, à 500 mètres sous terre.

Un mur pour stopper les opposants au projet

Assignée en référé par 8 associations et 4 habitants de Bure, l'Agence pourra en revanche continuer à ériger le mur qu'elle construit depuis plusieurs semaines autour de la zone de travaux, a estimé la juge, "dans la mesure où l'Andra a obtenu l’autorisation du maire pour la clôture". Ce mur, haut d'environ 2m, en béton, vise à empêcher les opposants au projet, installés non loin, d'occuper le bois comme ils l'ont déjà fait, afin de freiner les travaux.

C'est dans le bois Lejuc que seront installées les cheminées d'aération des kilomètres de galeries souterraines dans lesquelles seront stockés les déchets nucléaires les plus radioactifs - si le projet Cigéo voit le jour. Après le vote le 11 juillet d'une loi sur la réversibilité qui défini le cadre du stockage des déchets radioactifs, l'Andra doit déposer à l'horizon 2018 la demande d'autorisation de création du centre de stockage. Si elle est acceptée, les premiers travaux de construction pourraient commencer en 2021.

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