Charlie Hebdo : un professeur suspendu après avoir sommé un élève de "sortir sa kalachnikov"

Charlie Hebdo : un professeur suspendu après avoir sommé un élève de "sortir sa kalachnikov"

EDUCATION - "Tu regardes ça et après tu peux sortir ta kalachnikov pour m'assassiner", aurait lancé un professeur à un élève lors d’un cours présentant des caricatures de Charlie Hebdo, au lendemain des attentats.

Voilà une suspension qui suscite une polémique auprès des syndicats d’enseignants, et fait surtout un peu désordre après le discours sur les "valeurs de la République" de la ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem. Un professeur d'un collège de Mulhouse, dans le Haut-Rhin, sera privé d’enseignement pendant quatre mois après un échange violent avec ses élèves au sujet des caricatures de Charlie Hebdo, révèle le journal Le Monde.

L'incident s’est produit le 8 janvier dans une classe de quatrième d’un collège de ZEP, particulièrement difficile puisqu’il sera même classé " REP + ", le "noyau dur" des ZEP, à la rentrée 2015. L'enseignant avait préparé son cours juste après les attentats et souhaitait présenter des caricatures de Charlie Hebdo, dont une présentant le prophète nu. Mais la manière utilisée, selon les premiers éléments recueillis, semble un peu brutale : "Tu regardes ça et après tu peux sortir ta kalachnikov pour m'assassiner", aurait-il lancé à un élève qui se montrait gêné par le dessin. Il s'en serait alors suivi un échange "houleux" et "violent" avec des élèves, a précisé le rectorat.

"Un mauvais signe aux enseignants "

Une vingtaine d'élèves se sont plaints immédiatement auprès du chef d'établissement. Alerté le lundi, alors que parents menaçaient de se rassembler devant le collège, le rectorat a alors décidé de suspendre le professeur "dans un souci d'apaisement". Une enquête administrative a été ouverte.

Le professeur selon le rectorat est "extrêmement engagé, très bien noté par l'inspection académique", et "exerce depuis 12 ans dans ce collège classé ZEP". Il aurait reconnu que "la séance s'est mal passée". "Il ne conteste pas ce qui a été remonté au niveau des élèves", a-t-on ajouté.

Des syndicats d'enseignants ont témoigné jeudi leur soutien à leur collègue. "Cet enseignant n'a fait que son métier, en travaillant avec ses élèves sur les caricatures", a estimé le FSU dans un communiqué. "L'institution donne un mauvais signe aux enseignants qui ont le courage de défendre les valeurs de la République", a ajouté le SNES-FSU.
 

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