Code du travail : la pétition anti-réforme dépasse toutes les prévisions de croissance

Code du travail : la pétition anti-réforme dépasse toutes les prévisions de croissance

LE TRAVAIL, C’EST (PAS?) LA SANTE - Décidément, la réforme du code du Travail proposée par Myriam El Khomri, en plus de dresser la plupart des élus de gauche, se met aussi à dos les Français. Une pétition, lancée il y a cinq jours par une militante féministe, a atteint ce jeudi les 510.000 signatures.

Quelque 80 000 signatures dimanche, plus de 200 000 lundi, 510.000 jeudi matin. La courbe est exponentielle. A faire pâlir d’envie la courbe de la croissance française. La pétition "Loi Travail : non, merci !" , pour dire l’opposition à la réforme du Travail menée par la ministre Myriam El Khomri n’en finit pas de repousser les limites. Lancée il y a 5 jours sur Change.org par Caroline de Haas, militante de gauche féministe et ancienne syndicaliste étudiante, la pétition cartonne. Selon les gestionnaires du site, il s'agit de la pétition la plus signée depuis le lancement de la plateforme au printemps 2012. C'est aussi la plus virale des quelque 608.000 pétitions lancées sur la planète.

"Germinal, Zola", "des politiques déconnectés", "même la droite n’aurait pas osé aller aussi loin", "de l’esclavage pur et simple"… Des salariés français, des électeurs de gauche, mais aussi des patrons disent leur opposition. Petite revue de commentaires postés sous cette pétition.

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► Les déçus de la gauche.
Dominique S. : "Je n'accepte pas qu'un gouvernement qui se dit de gauche mène une politique que la droite n'aurait même pas osé tenter ! Je pense également à tous ceux qui se sont battus pour permettre aux salariés de vivre dignement. J'ai honte pour cette classe politique qui ne respecte rien et s'incline devant un patronat qui jubile... Je suis à la retraite et je vois l'avenir en sombre pour toutes les générations qui suivent. Il y a des richesses en France, le tout est d'aller les chercher là où elles sont. Ce n'est pas en massacrant les petites gens qu'on réduira les inégalités. Les riches s'enrichissent toujours plus au détriment des autres qui d'ici peu de temps seront de plus en plus nombreux à être dans la misère."

Mohammed B
. : "Ce dont la droite et les néolibéraux ont toujours rêvé depuis Adams Smith et Malthus, le Parti Socialiste qui n'a plus rien de social est en train de le faire. Je ne dis pas qu'il ne faut pas réformer le Code du travail qui est d'une complexité qui paralyse l'économie. Mais à qui la faute ? A vous, législateur et lobbyistes qui pondent des lois et règles de droit qui se sont empilées au fil des décennies. Oui à permettre aux entreprises les petites de payer moins de charges, d'inciter les entreprises qui embauchent, qui investissent, innovent, respectent l'humain et l'environnement, et oui à la sécurisation du parcours professionnel, à un partage du temps de travail. Mais non à ces propositions de loi scélérates qui vont démolir ce que nos ancêtres ont mis 200 ans bâtir ! Vous devriez avoir honte de nous conduire vers des règles du travail proches des pays émergents au lieu de tirer vers le progrès. Vous pouvez être certain que pour 2017 vous n'aurez pas ma voix !"

► Ceux qui pestent contre les politiques.
Nathalie G. "Ils devraient déjà commencer par supprimer leur cumul d’emplois avant de nous étrangler un peu plus."

Claudine R
. "Il y en a marre d’être dirigé par des incompétents. Si eux étaient payé aux résultats, ils pourraient faire la manche."

Marianne A. "Qu'ils aillent bosser 'pour de vrai' avant de fabriquer des lois scélérates, pour se rendre compte des conditions de travail des salariés de ce pays... "

Merri D. "Défendu par une personne  qui ne connait même pas ce que veut dire CDD ... ON Y VA, YOUPI !"

Laurence M.
"Non à la régression sociale ! De la part d'un gouvernement qui se veut "socialiste", c'est encore plus inacceptable. C'est à nos gouvernants de réduire tous leurs avantages au lieu de pénaliser les salariés."

► Même pour les petits patrons…
Benoit M. "Je suis un petit patron (deux salariés) et je crois que ces modifications sont à 90% des insultes au travailleurs. Que nos ministres commencent par leurs très nombreux avantages !"

Julien R. "Je suis patron de 25 employés. Je trouve inadmissible de proposer de telles lois qui sont un retour en arrière social fondamental et qui encore une fois servira uniquement les grosses entreprises. La précarisation des emplois indéterminés n’est pas la solution pour soulager les entreprises. Il faut un allègement des charges égal à celui des grandes entreprises. Cela permettra de relancer la consommation et l’économie, l’inverse de cette proposition de loi."

Sabine A. "J'ai suffisamment de dispositifs, en tant qu'employeur, pour ponctuellement renforcer mes équipes, sans être amenée à licencier abusivement ensuite... Il y a des gens qui sont très motivés pour travailler, et s'il n'y a pas d'embauches, c'est de la faute de l'économie et de notre système, et non de celle du Code du travail..."

► Ceux qui posent la question des droits des travailleurs
Anne S. : "Je signe parce que je travaille pour vivre mais je ne vis pas pour le travail..."

Stéphanie P. : "Ce projet appesantit incroyablement les conditions de travail des salariés, rendant chaque individu particulièrement vulnérable. Il s'agit d'une régression extraordinaire que seuls des gens ne connaissant pas la réalité du terrain - et des grands principes du droit du travail - ont pu imaginer. C'est une atteinte très, très grave aux droits des salariés, qui n'aidera en rien à réduire le chômage, bien au contraire... Il ne fera que placer chacun à la merci de son employeur."

 Un "retour en arrière"
Nadine E. : "C'est un recul de nos acquis qui ont été durement gagnés par nos anciens. Avec de telles lois, plus besoin de reculer l'âge de la retraite, on sera tous morts avant de la toucher. L'industrie du tourisme pourrait également en pâtir, puisque nous n'aurons plus le temps de voyager, de se distraire et de profiter de la vie. Bravo les socialistes, on est en train de retourner à l'époque de Zola et même encore pire, puisqu'à l'époque on avait le dimanche pour aller à la messe. Donc 12 heures par jour, 60 heures par semaine, travail le dimanche et pourquoi pas supprimer les congés, et faire le SMIC à 5 euros. Les ministres et les politiques en général, eux, font-ils des efforts ?"

Radisav D. : "Je n'ai pas envie de vivre comme en 1850 et que nous devenions des esclaves. De plus, qu'on m'explique par quel miracle on créera des emplois si les gens travaillent 60h/semaine. Je vois pas."

Franck P. : "C’est un retour au temps de l’Assommoir et de Germinal."

Josiane G. : "C’est revenir 100 ans en arrière. C’est faire des salaries des valets pour ne pas dire des esclaves corvéables à merci. C’est un irrespect des syndicats. C’est hallucinant qu’on ait l’audace de nous l’imposer de force, quitte à recourir au 49.3."

Une réunion intersyndicale doit se tenir mardi soir, pour décider d'une éventuelle mobilisation sociale. L'initiatrice de la pétition, Caroline De Haast, souhaite que son succès "puisse servir d'argument en faveur de cette mobilisation", explique-t-elle  au Figaro.

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