Composition des tampons : "Les industriels s’en fichent complètement"

Composition des tampons : "Les industriels s’en fichent complètement"

MOBILISATION - Une pétition hébergée sur change.org demande la transparence sur la composition des tampons, depuis plusieurs mois. Forte de ses 182.000 signatures de soutien, elle semble à présent prise au sérieux par les pouvoirs publics. Le sujet pourrait d’ailleurs se retrouver à l’Assemblée nationale et devant la Commission européenne.

"Un électrochoc jusqu’au ministère de la Santé". Lorsqu’au mois d’août 2015, Mélanie Doerflinger lance sur change.org une pétition pour réclamer la transparence sur la composition des tampons hygiéniques, elle a déjà en tête d’aller jusqu’au bout. Près de sept mois et 182.263 signatures plus tard, son combat prend une tournure pour le moins concrète. Car sur le berceau de cette mobilisation virtuelle, les pouvoirs politiques semblent enfin décidés à bien vouloir se pencher.

Le chemin aura pourtant été semé d’embûches. Après un premier refus de la ministre de la Santé Marisol Touraine à sa demande d’entretien, la jeune étudiante de région parisienne vient finalement d’obtenir un rendez-vous, le 10 mars prochain, avec les services "environnement extérieur et produits chimiques" du ministère de la Santé.

"Contraintes d'emploi du temps"

Une entrevue confirmée auprès de metronews par Caroline Paul, cheffe du bureau… qui ne cache pas son enthousiasme : "Je la reçois effectivement pour parler de la situation générale réglementaire de ce type de produits. C’est un vrai bon sujet, qu’on se propose d’ailleurs de porter devant la Commission européenne."

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"Les industriels s'en fichent"

Et quelques semaines après la victoire du combat contre la "taxe tampon" - au cours duquel une mobilisation féministe a obtenu la baisse de la TVA auprès du Sénat et de l’Assemblée nationale – le sujet semble également interpeller une députée. Maud Olivier, élue PS de l’Essonne, vient en effet de proposer son aide à l’étudiante en quête de transparence, issue de sa circonscription. "Je me suis rapprochée d’elle pour lui proposer de l’accompagner" explique-t-elle à metronews. "Je comprends que les premières réponses reçues ne soient guère satisfaisantes et en tant que membre de la délégation aux droits des femmes à l’Assemblée nationale, je trouve le sujet très intéressant. On pourrait travailler ensemble sur cette question", ajoute encore Maud Olivier.

Pour Mélanie, qui ne peut que constater "une prise de conscience et un débat" à ce sujet, c’est une première victoire. D’autant que la marque Tampax, prioritairement ciblée par la pétition , s’abrite depuis des mois derrière une absence de législation européenne en la matière, qui n’oblige en rien l’industrie du papier à un devoir de transparence. "Les industriels s’en fichent complètement", estime Mélanie. "Les emballages n’ont pas changé du tout." Alors une action portée par les politiques permettra-t-elle d’apporter des réponses ? Les consommatrices pourront-elles bientôt avoir le droit de connaître exactement la composition de ces produits intimes ? Pour la députée Maud Olivier, un projet de loi sur le sujet se situe en effet dans le champ des possibles.

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