Délit d'entrave à l'IVG : la députée PS Catherine Coutelle restera "insensible aux lobbys religieux"

Délit d'entrave à l'IVG : la députée PS Catherine Coutelle restera "insensible aux lobbys religieux"

RÉACTION – Catherine Coutelle, députée de la Vienne à l’origine de la proposition de loi sur l’extension du délit d’entrave d’accès à l’IVG, réagit pour LCI aux critiques de la Conférence des évêques, qui a appelé François Hollande a faire barrage à son texte.

Son nouveau combat ne plaît pas aux hommes de foi. Catherine Coutelle, députée socialiste de la Vienne, a déclenché le courroux de la Conférence des évêques de France avec sa nouvelle proposition de loi visant à étendre le délit d’entrave d’accès à l’IVG. Le but avoué de ce texte : faire battre en retraite les sites anti-IVG qui, sous couvert d’informations neutres, tentent de dissuader les jeunes femmes de recourir à un avortement. 

"Une atteinte très grave aux principes de la démocratie" selon Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille, qui a décidé d’écrire à François Hollande, le 22 novembre dernier, afin d’empêcher ce texte de loi de voir le jour. Dans cette lettre, révélée mardi par Le Monde, le président de la Conférence des évêques poursuit : "Cette proposition de loi met en cause les fondements de nos libertés et tout particulièrement de la liberté d’expression qui ne peut être à plusieurs vitesses selon les sujets."

"Il ne doit pas savoir comment ça se passe dans les hôpitaux..."

Des propos auxquels réagit ce mardi 29 novembre Catherine Coutelle pour LCI : "S’il a écouté les débats, il peut voir qu’il ne s’agit en rien d’une atteinte à la liberté d’expression. C’est plutôt une lutte contre une entrave, actuellement en cours sur des sites au moyen de propos tout à fait inexacts sur l’avortement. L’entrave d’accès à l’IVG, elle existe ! Elle se faisait physiquement auparavant, et elle est à présent passée sur Internet."


Divergence de point de vue du côté du prélat, qui ajoute que ces sites "sont les seuls à prendre en charge la véritable détresse existentielle" de certaines femmes. "Il ne doit pas savoir comment ça se passe dans les hôpitaux", lui rétorque Catherine Coutelle. "Quand une femme se présente pour un avortement, elle peut être déjà décidée ou bien conserver des interrogations. Dans le second cas, un psychologue est à sa disposition, car elle a bien le droit de se poser des questions. Quand la patiente est mineure, la consultation avec un psychologue est obligatoire. Ce que Mgr Pontier appelle ‘la détresse’ des femmes est donc d’ores et déjà pris en charge."

"40 ans après Simone Veil, c'est un peu lourd d'en être encore là..."

Pour conclure, elle ajoute : "Que les religions aient un point de vue sur l’avortement, je le conçois. Mais nous sommes dans un Etat laïc et la loi se fait dans l’hémicycle. On voit bien que les mouvements très réactionnaires sont très à l’œuvre dans toute l’Europe, mais je serai insensible aux lobbys quels qu’ils soient, religieux ou autres. Sincèrement, c’est un peu lourd, 40 ans après le combat de Simone Veil, d’en être encore là." Le texte sera examiné par les députés ce jeudi 1er décembre.

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