Dérives, opacité : un lourd rapport contre les violences policières

Dérives, opacité : un lourd rapport contre les violences policières

POLICE - L'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat) dénonce le "manque de transparence" des autorités au sujet des violences policières. Elle lance lundi une campagne de mobilisation pour "briser le silence".

"Briser le silence". C’est le nom de la campagne lancée ce lundi par l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat), une ONG qui entend ainsi dénoncer le "manque de transparence" des autorités au sujet des violences policières.

"A l'exception de quelques affaires très médiatisées, les cas de blessures ou de décès au cours d'interventions des forces de l'ordre sont très peu connus des citoyens, et le sujet est largement ignoré de tous", indique un rapport de l'association  publié lundi. Pour l'Acat, c'est le signe d'"un manque de volonté des autorités françaises à être transparentes sur les faits allégués d'usage illégal de la force et à débattre du sujet". Pourtant, "les victimes se comptent par dizaines" : l'association a recensé au moins 39 personnes grièvement blessées et une décédée par des tirs de lanceurs de balles de défense ces dix dernières années en France. Parmi ces blessés, 21 ont été éborgnés ou ont perdu la vue. Les victimes sont souvent jeunes : une sur trois était mineure.

Des sanctions effectives rares

L'utilisation de Taser, ce pistolet à impulsion électrique, est également source de critiques. "Impossible de trouver des chiffres concernant le nombre de personnes blessées ou décédées" à la suite de leur utilisation, relève l'Acat. Elle a dénombré quatre cas de décès survenus en France à la suite d'opérations dans lesquelles un Taser a été utilisé mais dans ces quatre affaires, "la justice a conclu à l'absence de lien entre le décès et le tir de PIE". L'Acat s'inquiète aussi de certains gestes d'immobilisation utilisés par les forces de l'ordre comme le placage ventral ou le pliage (personne assise sur un siège les mains pliées dans le dos et le torse collé aux genoux). L'association a recensé 8 décès depuis 2005 dus à ces techniques.

Par ailleurs, "bien qu'ils soient rares au regard du nombre d'interventions quotidiennes, les faits de violences policières donnent très rarement lieu à des sanctions effectives", déplore l'association, qui a analysé 89 cas d'utilisation de la force par la police et la gendarmerie dont seuls sept ont donné lieu à des condamnations. L'Acat réclame d'encadrer plus strictement l'usage de certaines armes (Flashball, Taser) et techniques d'interpellation et de mettre le débat sur la place publique.

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