Discrimination à l’embauche : le gouvernement lancera une campagne de "testing" en avril

Discrimination à l’embauche : le gouvernement lancera une campagne de "testing" en avril

TEST - Pour lutter contre les discriminations à l'embauche dont souffrent nombre de jeunes issus des quartiers populaires, le gouvernement veut renforcer le "testing" des entreprises et créer un trophée qui récompensera les "recruteurs de la diversité". Une campagne de test va être lancée début avril.

Les premiers vrais-faux CV vont partir dès les premiers jours du mois d'avril.. Pour lutter contre les discriminations à l'embauche dont souffrent nombre de jeunes issus des quartiers populaires, le gouvernement veut renforcer le "testing" des entreprises et créer un trophée qui récompensera les "recruteurs de la diversité". C’est ce qu’ont annoncé vendredi les ministres de l'Economie Emmanuel Macron et du Travail Myriam El Khomri.

Selon Bercy en effet, les hommes supposés être de culture musulmane, notamment, ont quatre fois moins de chances de décrocher un entretien d'embauche avec des recruteurs que ceux dont la culture est supposée être catholique.

Une mesure pour compenser l'abandon du CV anonyme

L’opération lancée début avril, visera à "renforcer les pratiques" en matière de testing. Selon Jean-Christophe Sciberras, le président du groupe de dialogue sur les discriminations qui a planché sur cette campagne, et sollicité par France Info , entre vingt et cinquante entreprises de plus de 1.000 salariés vont être ainsi mises à l'épreuve pour déterminer si elles écartent des candidats en fonction de leur origine. Pour un même profil, deux CV seront envoyés et l'un d'entre eux portera un patronyme d'origine arabe. Les résultats devraient être communiqués à la rentrée de septembre. Cette mesure avait été annoncée par le gouvernement en mai dernier pour compenser l'abandon du CV anonyme.

"Quand on est jeune des quartiers, on a plus de 30% de chances d'être au chômage"

"Il faut être beaucoup plus dur, ce ne l'est pas assez dans la pratique", a affirmé Emmanuel Macron dans un entretien au quotidien Le Parisien, estimant que "testing et pénalisation" des employeurs pris en faute, "c'est la bonne méthode". C’est la société ISM Corum, habituée des campagnes de testing, qui a été choisi pour mener à bien cette opération. L'objectif, selon la ministre Myriam El Khomry, est de "mieux connaître et évaluer quelles sont les discriminations dans notre pays", qui ont "un coût pour les jeunes", mais aussi "pour les entreprises, qui n'améliorent pas leur performance, leur compétitivité, parce qu'elles se privent d'une part de la société française".

"Quand on est jeune et qu'on vient des quartiers, aujourd'hui, on a plus de 30% de chances d'être au chômage. C'est la pire des inégalités, car on ne vous laisse même pas entrer dans la vie active, on ne vous laisse pas essayer", a renchéri Emmanuel Macron.

A LIRE AUSSI >> Le combat de Fethi, victime de discrimination raciale à l'embauche
 

Les tags

    Et aussi

    Sur le même sujet

    À suivre

    Rubriques