Exil fiscal : Yannick Noah attaque Marine Le Pen en diffamation

Exil fiscal : Yannick Noah attaque Marine Le Pen en diffamation

JUSTICE - Marine Le Pen sera poursuivie en diffamation pour avoir qualifié Yannick Noah "d'exilé fiscal" et d'avoir "planqué" son argent à l'étranger, alors que l'ancien tennisman vivait et payait ses impôts en France au moment de la déclaration. Le jugement sera rendu le 25 juin.

Yannick Noah se lance dans un nouveau match, sans raquette ni balle jaune cette fois. Mardi, l'ancien tennisman a poursuivi en diffamation Marine Le Pen devant le tribunal correctionnel de Paris. La présidente du Front national l'avait accusé le 9 mars 2012, sur le plateau du Grand Journal d'être un "exilé fiscal" et d'avoir "planqué" son argent à l'étranger.

"Cela veut dire qu'au lieu de payer ses impôts en France, ce monsieur se permet de donner des leçons de morale", de charité et de partage alors que lui, il ne partage rien, que son argent est planqué et qu'il n'en fait pas profiter les malheureux Français", avait appuyé la candidate FN à la présidentielle.

La fraude fiscale sous-entendue

Sauf qu'au moment où les propos ont été tenus, Yannick Noah vivait et payait ses impôts en France. Fini le temps de la Suisse pour l'ancien vainqueur de Roland-Garros, même si son séjour helvétique vaut toujours à Noah un contentieux fiscal devant le Conseil d’État, pour la période 1993-1994. L'affirmation de Marine Le Pen est "radicalement fausse", selon Me William Bourdon, l'avocat du plaignant, car la présidente du FN a fait ses déclarations au présent. Si l'accusation d'exilé fiscal n'est pas diffamatoire, celle de fraude au fisc, sous-entendue par le terme "planqué", l'est, selon le procureur de Paris.

L'attaque de la présidente du FN avait surtout un objectif politique. En effet, le chanteur s'était affiché aux côtés de François Hollande lors d'un meeting fin janvier 2012. Pour cette raison, il avait également été qualifié de "délinquant fiscal" par le sénateur UMP Pierre Charon, qui doit être jugé le 30 mai.

Du côté de Marine Le Pen, son conseiller Me Wallerand de Saint-Just plaide la relaxe, affirmant que ses propos s'inscrivaient dans un débat public. Il ajoute que sa cliente n'a "jamais dit que Yannick Noah a fraudé le fisc". Me Bourdon demande 50 000 euros de dommages et intérêts et quatre publications judiciaires . Le jugement sera rendu le 25 juin.

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