Expliquer les attentats à mon enfant : les conseils d'un pédopsychiatre

Expliquer les attentats à mon enfant : les conseils d'un pédopsychiatre

PSYCHO – Au lendemain des attentats les plus meurtriers de l'Histoire de France, comment les parents peuvent-ils parler de ces événements dramatiques avec leurs enfants ? Le pédopsychiatre Stéphane Clerget livre ses conseils à metronews.

Le Stade de France, le Bataclan, des restaurants… Vendredi soir, ce sont des lieux de plaisir, du quotidien, des lieux familiaux aussi qui ont été touchés par les attentats qui ont fait au moins 129 morts à Paris. Pour les parents, y compris ceux présents sur place avec leurs enfants, difficile de trouver les mots justes pour parler et échanger autour des attentats avec les plus petits. Stéphane Clerget livre à metronews ses conseils de pédopsychiatre.

Doit-on parler des attentats aux enfants ?
Pas nécessairement, répond le pédopsychiatre Stéphane Clerget. "Il faut en parler si l'enfant a entendu parler de l'attentat. Mais cela dépend de l'âge aussi. Pour les tout-petits par exemple, de 0 à 4 ans, il n'y a pas d'utilité à leur expliquer."

Les parents doivent surtout éviter de décharger leur angoisse sur leurs enfants, et ne pas parler des événements pour se rassurer soi-même, au prétexte de rassurer l'enfant : "L'enfant n'est pas un interlocuteur pour le parent, et celui-ci ressent l'angoisse des adultes. Il faut une maîtrise émotionnelle de la part des parents pour aborder ces sujets-là et s'ils n'y arrivent pas, ils doivent d'abord en parler entre adultes."

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"Se mettre à la hauteur de l'enfant"
Comment amener la conversation si l'enfant a entendu parler des attentats, ou vu des images ? "Il faut laisser l'enfant poser des questions de lui-même, avance Stéphane Clerget. Ou bien lui poser des questions pour savoir ce qu'il a vu et compris." Le parent doit expliquer à l'enfant ce que ces événements impliquent dans son quotidien : "Il faut lui dire pourquoi on ne sort pas, pourquoi il ne va pas à l'école aujourd'hui ou pourquoi on annule la visite de la tour Eiffel... en restant à la hauteur de l'enfant."

Pour un jeune enfant, ce n'est pas nécessaire d'aller trop loin dans les explications, résume le pédopsychiatre. En revanche, avec les adolescents, les parents peuvent échanger autour du terrorisme ou de la guerre : "Avec eux, on peut parler des faits et aller plus loin, en parlant des tenants et des aboutissants, en fonction de son niveau de culture générale bien sûr." Mais là encore, les parents doivent aller vers l'adolescent si celui-ci présente des signes d'angoisse.

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Eteindre les chaînes d'information en continu 
Baignés dans les jeux vidéo et les images de films de guerre, les enfants ont désormais une "insensibilité face à ces événements". Mais l'enfant reste perméable à la tension des parents : "Ce qui est sûr, c'est qu'il faut éteindre les chaînes d'infos en continu, affirme Stéphane Clerget. Et éloigner les enfants des journaux télévisés, car là encore ils vont ressentir l'anxiété des parents et peuvent devenir anxieux à leur tour."

"Insister sur les mouvements de solidarité"
Enfin, si l'enfant est trop anxieux, fait des cauchemars ou présente des signes de traumatisme, la consultation reste "un dernier recours", prévient Stéphane Clerget. Le pédopsychiatre conclut sur le fait que les parents doivent également "insister sur les mouvements de solidarités, sur l'action des policiers et des urgences, des dons du sang", pour rassurer les enfants et faire de la pédagogie sur les valeurs humaines.

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