Fin des véhicules essence dans Paris en 2030 : les réponses aux questions que vous vous posez

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INFO / INTOX - La mairie de Paris a annoncé ce jeudi qu'elle avait pour objectif de mettre fin à la circulation des voitures essence dans les rues de la capitale en 2030. L'annonce a beaucoup fait réagir les Parisiens, inquiets d'être obligés de se doter d'un véhicule électrique d'ici 13 ans. L'adjoint aux Transports Christophe Najdovski et le co-président du groupe écologiste au conseil de Paris David Belliard ont fourni des réponses à LCI.

La mairie de Paris a annoncé ce jeudi matin qu’elle se fixait comme objectif de mettre fin à la circulation de véhicules thermiques dans la capitale en 2030. "Dans le cadre de l’élaboration de son nouveau plan climat air énergie territorial, la Ville de Paris va inscrire un objectif de fin du diesel sur son territoire en 2024 et de l’essence en 2030", a annoncé la municipalité dans un communiqué. Paris devancerait ainsi l’objectif du gouvernement qui a annoncé en juillet la fin des ventes des véhicules essence et diesel pour 2040. 


Mais cela pose beaucoup de questions : quel avenir pour les véhicules à moteurs diesel et essence, quelles solutions pour les Parisiens pour se déplacer... ? Nous avons interrogé deux élus écologistes pour apporter un début de réponse à ce projet encore flou.

Les voitures polluantes vont-elles être interdites ?

Ce jeudi matin, les élus parisiens le répètent : aucun décret d’interdiction ne sera pris le 1er janvier 2030. Ils ne souhaitent pas interdire tous les véhicules thermiques à cet horizon, mais ont la volonté de donner un objectif, une impulsion pour en supprimer le plus possible. "Il s’agit de définir une trajectoire à long terme qui s’inscrit dans la transition énergétique portée par Nicolas Hulot au niveau national", a dit Christophe Najdovski, adjoint aux Transports à la mairie de Paris, sur LCI. "Nous ne disons pas que nous allons supprimer les voitures et les scooters, mais nous voulons impulser le développement de nouvelles technologies", nous a indiqué David Belliard, co-président du groupe écologiste au Conseil de Paris.

Comment aider les Parisiens à se doter de véhicules propres ?

Les élus parisiens insistent sur le fait que d’ici 13 ans, les technologies autour des voitures propres seront beaucoup plus avancées qu’aujourd’hui. "Nous sommes à l’aube, en réalité, d’une véritable révolution au niveau de la mobilité. On voit que les constructeurs automobiles, par exemple, tournent la page du diesel et investissent massivement dans les véhicules électriques", a déclaré sur LCI Christophe Najdovski. David Belliard compte également sur "les acteurs industriels" pour "changer et rendre les moteurs propres et accessibles" financièrement au plus grand nombre. Aucun n’a annoncé la mise en place d’une nouvelle prime pour se débarrasser de son véhicule polluant.

Un nouveau système de vignette sera-t-il mis en place ?

"Rien n’est exclu, rien n’est défini sur les modalités. A ce stade, tout est en réflexion sur le sujet", a confié à LCI David Belliard. A l'heure actuelle, le certificat qualité de l'air (pastille ou vignette Crit'Air), obligatoire à Paris, permet d'identifier les véhicules les moins polluants circulant dans la capitale par une pastille de couleur apposée sur le pare-brise. Il permet aux véhicules les moins polluants de pouvoir circuler dans les agglomérations où ont été instaurées des restrictions de circulation pour lutter contre la pollution. A l'inverse, les véhicules les plus polluants ne peuvent plus rouler dans Paris de 8h à 20h du lundi au vendredi.

Quelles alternatives pour les Parisiens et les Franciliens ?

Si Paris adopte la fin des véhicules thermiques en 2030 mais que les villes de banlieue ne la suivent pas, cela posera un problème pour les Franciliens venant travailler dans la capitale. "Nous devons développer l’inter-mobilité, les parkings relais", nous a expliqué David Belliard. "Il faut développer les lignes qui ne traversent pas Paris, proposer une nouvelle organisation de la ville", a-t-il ajouté, en référence au développement prochain de lignes de métro faisant le tour de la capitale, dans le cadre du Grand Paris. Mais pour certaines options, rien ne sera possible sans l’aide de la région et de l’Etat. Paris devra convaincre ses partenaires de la suivre dans ce combat. 

Quid de la pollution dans les transports en commun dans la capitale ?

Christophe Najdovski a expliqué sur LCI que Paris commençait à tourner le dos au diesel, et a indiqué que les premiers autocars électriques circuleront dans les rues de Paris dès cette année. "Nous nous inscrivons également dans le plan de la RATP qui vise à ce que 100% de sa flotte, des 4.500 bus qui circulent en Ile-de-France soit entièrement propre à un horizon de 2025 et donc cette échéance de 2030 s’inscrit dans cette trajectoire d’une ville neutre en carbone" a-t-il ajouté.

Les véhicules électriques, pas si propres, sont-ils vraiment la solution ?

Il a été démontré que les véhicules électriques n’étaient pas si propres. En effet, selon l'Observatoire du nucléaire, les batteries servant à recharger les véhicules utilisent de l'électricité d'origine nucléaire (à 75 % en France). Et ces batterie sont fabriquées à partir de lithium, dont la nocivité n'est plus à démontrer. "On a la possibilité, aussi, de produire cette électricité à partir des énergies renouvelables, et c’est bien cette idée-là que nous défendons", a réagi Christophe Najdovski sur LCI. "Nous nous inscrivons d’ailleurs aussi dans l’objectif qui a été fixé par le gouvernement d’une sortie progressive du nucléaire."


"Nous ne prônons pas de passer au 100% électrique", a ajouté David Belliard. "Il est possible de miser sur d’autres technologies, comme les voitures GNV (Gaz naturel pour véhicule). Nous pouvons favoriser les technologies autre que l'électrique, ça dépend des aides distribuées et des impulsions données. Nous ne voulons pas forcément arriver au 100% électrique, mais au zéro émissions de CO2."

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