Histoire-Géo : les programmes de terminale S doivent-ils être allégés ?

Histoire-Géo : les programmes de terminale S doivent-ils être allégés ?

ÉDUCATION – Cinq syndicats de professeurs ont lancé une pétition pour réclamer un allègement des programmes d'histoire-géographie en terminale S, trop chargés selon eux. Explications.

Trop chargés, les programmes d'histoire-géo de Terminale S ? C'est ce que dénoncent cinq syndicats de professeurs (Snes-Fsu, Snalc, Sud Education, Sncn-Faen, Sies-Faen), qui viennent de lancer une pétition réclamant un allègement du volume des sujets d'histoire et de géographie au menu de la terminale scientifique.

L'an dernier, lorsque l'histoire-géo est redevenue une épreuve obligatoire en série S, après y avoir été optionnelle en 2013, les enseignants "ont constaté, et avec un effarement croissant à mesure que le bac approchait, qu'il était impossible de 'boucler' le programme dans le respect des finalités et des démarches de la discipline", alerte leur texte . Cette année encore, poursuit-il, "l'architecture du programme, combinée aux exigences d'exhaustivité des épreuves du bac, met les enseignants en difficulté et augmente les risques d'échec pour les élèves".

Deux petites heures pour un vaste programme

Dans les faits, les lycéens en terminale S ont deux heures hebdomadaires d'histoire-géo par semaine, contre quatre pour ceux de L et ES. Certes, leur programme est moins dense. Mais deux petites heures, c'est peu pour étudier "Le rapport des sociétés à leur passé", les "Grandes puissances et conflits dans le monde depuis 1945" ou encore par exemple, en géographie, "Les dynamiques de la mondialisation", confirme à metronews Hubert Tison, secrétaire général de l'association des professeurs d'histoire-géographie (APHG). "Face au désarroi des professeurs et devant les difficultés dont beaucoup nous font part pour aller au bout du programme, nous nous associons à cette demande d'allègement supplémentaire", assure-t-il.

Lui-même enseignant au lycée Jacques Decour (Paris IX), Hubert Tison souligne que "contrairement à une idée reçue, les élèves de S ne sont pas les élites de la République, loin de là", et qu'ils ont donc "besoin de temps". "Comme dans les autres filières, ils s'interrogent sur l'actualité et aimeraient qu'on puisse davantage répondre à des questions d'actualité, par exemple sur celle du Proche-Orient", note-t-il par ailleurs. Or, là-aussi, le temps fait défaut. Résultat, puisqu'il faut bien préparer les élèves au bac, les profs sont obligés de faire davantage de "cours magistraux, de polycopiés", ou de privilégier une discipline, l'histoire en général, au détriment de la géographie. "Ce que l'on ne veut absolument pas", conclut Hubert Tison.

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