J'ai testé… le "défi Veggie" : et j'ai eu mon diplôme (avec les encouragements du jury) !

J'ai testé… le "défi Veggie" : et j'ai eu mon diplôme (avec les encouragements du jury) !

EPISODE 6 (ET LE DERNIER) - Les Vegan, vous connaissez ? Ce sont ces adeptes qui, par respect pour la cause animale, refusent de manger viande et poisson, mais aussi tous les produits en rapport avec l'"exploitation animale" : lait, oeufs, miel… Pour faire découvrir ce nouveau mode d'alimentation, l'Association végétarienne de France organise le Défi Veggie : manger végétarien ou vegan pendant trois semaines, en étant accompagné. A metronews, on s'est inscrit. Et on vous raconte nos aventures, tous les mardis et vendredis

Il y a trois semaines, je me suis levé tôt un samedi, et ça a été dur. Je me suis retrouvé au milieu de gens de tous âges – beaucoup d'étudiants et de filles, tout de même  –, à manger un gâteau qui avait un arrière-goût parce que l'œuf ou le beurre avait été remplacé par je-ne-sais-quoi. Et je me suis demandée un peu ce que je faisais là.

Et puis j'ai découvert l'univers des Vegan, ou des végétariens. J'ai découvert des filles très sympa, des gens qui adorent cuisiner, manger, et se posent des questions sur leur mode d'alimentation.

En trois semaines, j'ai mangé du tofu fumé (curieux), du steak de soja bio (pas mal), du gâteau au chocolat à la courgette, du faux fromage à base de noix de cajou (bon, mais étrange). J'ai aussi mangé des Buddha Bowl (délicieux), des soupes glacées de concombres à la coriandre (fabuleux) et même un repas mexicain Vegan (merveilleux). J'ai entendu parler de graines germées, de pizza à la pâte de chou-fleur, de kéfir, de tempeh.

Des tribus

J'ai découvert de nouveaux mots et autant de tribus : les Pescétariens (ceux qui mangent du poisson mais pas de viande), les Flexitariens (végétariens qui mangent occasionnellement de la viande), ou encore les Ovo-lacto-végétariens (refus du poisson mais maintien de l'œuf et du lait). J'ai découvert le courant "anti-spéciste", qui estime qu'un animal ne doit pas être traité comme une denrée à disposition. J’ai aussi découvert d'autres mouvements : les Réductariens (réduire sa consommation de viande), les Crudivores (ne manger que des aliments crus), etc. J'ai découvert, aussi, des tendances : les abolitionnistes, les transitionnistes… Bref, autant de visions, de modes et de méthodes que des personnes.

En écoutant les Vegan parler de leur transition, le mot de "coming-out" m'est parfois venu à l'esprit : j'ai découvert que ce n'était pas facile, pour eux, de se lancer. De l'annoncer à leur entourage, ou qu'en tout cas c'était souvent sujet à critiques, moqueries, ou regards dubitatifs.

Convaincus

J'ai découvert les débats autour des "carences", de la B 12, présente dans la viande. J'ai assisté à d'infinis débats sur le nombre d'acides aminés dont nous avions besoin, sur la question de savoir si l'assimilation des protéines se faisait mieux si les légumes et les céréales étaient mélangés, ou dissociés. J'ai entendu des trucs pas faux. Du style : "non mais quand tu dis que t'es Vegan, on te parle de carences. Et les gens qui ne mangent que des steaks frites, on ne leur dit rien ? Alors que dans le fond, on mange bien plus varié". Du bon sens, quoi.

J'ai passé des dîners avec des Vegan à ne faire que parler de nourriture, de recettes, de bonnes techniques pour les réussir.

J'ai eu droit, aussi, à des commentaires sous mes articles. Certains disant que je me moquais, que c'était orienté, que je n'étais pas préparée, méprisante, et bourrée de préjugés. J'ai aussi reçu des encouragements, et de nombreux témoignages. J'ai découvert comme ça que certains de mes collègues (insoupçonnés !) étaient Vegan.

Des débats plus confidentiels se sont aussi engagés en bas des articles : Vegan, n'est-ce pas un effet de mode ? Consommer de la viande n'est-ce pas un progrès social au même titre que les pizzas industrielles livrées à domicile ? Et des débats sans doute plus internes, sur l'utilisation de la B 12, sur la provenance réelle du soja, sur les OGM, la façon dont les cabris, les lapins et les chèvres perçoivent la mort, la production industrielle ou la souffrance animale.

Groupes de soutiens

J'ai découvert certains Vegan très militants, revendicatifs. D'autres qui préfèrent pratiquer dans leur coin. Certains y sont venus pour des questions de santé, des allergies. D'autres par éthique, pour des questions écologiques, ou contre l'industrialisation à outrance et la souffrance animale.

J'ai découvert un immense réseau foisonnant sur Internet. Sorte de groupes de soutien, où s'échangent les animations, les manifestations, les bons plans, les dernières news du milieu ou blogs de recettes. Comme I am vegan TV , Les Veganes , ou encore Vegan For Life .

Sur les forums divers et variés, j'ai lu des commentaires qui m'ont semblé parfois… entiers. Comme : "Depuis que je suis végétarienne, la vue de la viande crue me fait penser à un cadavre", ou : "Je préférerais perdre ma propre vie que de remanger le corps d'un animal". Ou encore des comparaisons entre les "élevages intensifs à des camps de concentration et les abattoirs à des camps d'extermination", dont est responsable l'"idéologie du carnisme".

Mon collègue Vegan m'a raconté qu'il était sans doute plus revendicatif, lui aussi, au début. Mais qu'il s'est pris un gros retour de flamme, "des 'sectaire' et 'terroriste' et 'austérité' en veux-tu en voilà". Alors il s'est un peu calmé et s'est appliqué à "convaincre par l'exemple" : l'aspect culinaire. Et j'aime bien sa conclusion : "Avec le temps, les gens voient que je ne suis pas encore mort (lol), que quand ils viennent manger chez moi ils ne bouffent pas que de la salade, et que je n’ai pas encore de rat sur l’épaule et les cheveux dégueulasses", m'écrit-il. "Et je commence à voir des gens changer réellement autour de moi. Le changement de mentalités actuel aide aussi, mais je ne suis pas forcément ravi de passer du statut d’extrémiste à celui de bobo sans passer par la case convictions… c’est le revers de la médaille."

Bref. J'ai testé trois semaines de Défi Veggie. Et j'ai appris plein de choses, découvert autant de personnalités, de tendances, de pensées, et façon d'appréhender ce mode de vie, que de gens. Et j'ai eu mon diplôme, jeudi. Avec une mention spéciale de ma (parfaite) coach, Caroline : "Bravo pour ton courage !". Bon, le terme "courage" est sans doute exagéré. Les Vegan que j'ai rencontrés sont accueillants, ouverts, souriants, compréhensifs, aidants. Et excellents cuisiniers. Après, j'avoue que le beau temps revenant, des envies de barbecue surgissent aussi. Mais bon, il paraît que ça existe aussi, les barbecues vegan…

RELIRE LES AUTRES EPISODES
>> Episode 1 : J'ai testé... le "défi Veggie" : "Heu, le miel c'est pas un peu extrême ?"
>> Episode 2 : J'ai testé... le "défi Veggie" : le temps des questions

>> Episode 3 : J'ai testé... le "défi Veggie" : Vegan, ton univers imptoyable

>> Episode 4 : J'ai testé... le "défi Veggie" : petites recettes et bonnes combines pour ne pas mourir de faim

>> Episode 5 : J'ai testé… le "Défi Veggie" : "carnisme", "dissonance cognitive" et autre "paradoxe de la viande"

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