"Jungle" de Calais : la justice ordonne des mesures sanitaires d'urgence

"Jungle" de Calais : la justice ordonne des mesures sanitaires d'urgence

DIGNITÉ - La justice a ordonné lundi à l'Etat de réaliser divers aménagements sanitaires au sein de la "Jungle" de Calais, où vivent environ 6000 migrants dans des conditions extrêmement précaires,

Des aménagements sanitaires dans la "jungle" de Calais. Si le chemin est encore long, les ONG qui avaient saisi le tribunal administratif de Lille en urgence ont obtenu en partie gain de cause. Soulignant "l'urgence caractérisée" de la situation sur le campement, où vivent quelque 6000 migrants dans des conditions plus que précaires, la justice en effet ordonné à la préfète du Pas-de-Calais et à la commune de Calais la création de dix points d'eau supplémentaires comportant chacun cinq robinets, cinquante latrines et "un ou plusieurs accès" pour les services d'urgence.

Recensement des mineurs isolés

Médecins du monde et le Secours catholique, soutenus par d'autres ONG, avaient déposé un recours "en vue de mettre fin aux atteintes graves aux libertés fondamentales" des migrants dont le nombre a quasiment doublé depuis la fin du mois de septembre. La justice administrative a également ordonné la mise en place d'un système de collecte des ordures et le nettoyage du site. Toutes ces mesures doivent être concrétisées dans un délai de huit jours, "sous astreinte pour chacune d'elles de 100 euros par jour de retard".

Il est également demandé à la préfecture du Pas-de-Calais "de procéder, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la présente ordonnance, au recensement des mineurs isolés en situation de détresse et de se rapprocher du département du Pas-de-Calais en vue de leur placement". L'avocat des ONG, Me Patrice Spinosi, a salué une décision constituant "une première victoire", même si elle "n'est pas satisfaisante pour autant, en particulier concernant le démantèlement du camp, que nous continuons de réclamer et sur l'accès aux soins". D'autres requêtes des associations ont été rejetées, dont l'allocation de bâtiments inoccupés au logement temporaire et d'urgence des pensionnaires du camp, ou encore la distribution au centre Jules-Ferry de deux repas par jour pour l'ensemble des 6.000 migrants, contre actuellement 2.500 repas une seule fois par jour.
 

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