Kevin Razy, le rigolo anti-complot du gouvernement, dans une vidéo de... la complosphère

Kevin Razy, le rigolo anti-complot du gouvernement, dans une vidéo de... la complosphère

EPIC FAIL - Le gouvernement a lancé jeudi une campagne contre le complotisme, avec une courte vidéo dans laquelle apparaît l'humoriste Kévin Razy... qui avait été invité le mois dernier dans une web-émission conspirationniste. Dans la foulée, ce dernier a fait amende honorable.

"On te manipule" : le gouvernement a lancé ce jeudi une campagne contre le complotisme, avec une courte vidéo humoristique à destination des jeunes moquant les théories conspirationnistes, publiée sur ses comptes sur les réseaux sociaux dont un nouveau compte Snapchat.

La vidéo d'un peu plus de 3 minutes met en scène le jeune humoriste Kévin Razy, dialoguant avec lui-même jouant un jeune crédule qui l'accuse de "croire tout ce que le système veut qu'il croie". Objectif : inciter les jeunes à vérifier et à recouper leurs sources d'information sur le web avant de les relayer.

EN SAVOIR + >> Le clip très gênant du gouvernement pour lutter contre la théorie du complot

Invité d'une web-émission complotiste

Mais visiblement, le staff de Manuel Valls n'a pas pris soin de vérifier son casting : le youtubeur vedette, très prisé des 15-25 ans, était l'invité le 7 janvier dernier... d'une web TV conspirationniste. Dans l'émission "Le Dîner du cercle", on voit Kevin Razy prendre un apéro bio avec "quelques vedettes de la complosphère", raconte Street Press , dont le youtubeur Le Débrancheur, remarqué dans une vidéo dans laquelle "il invitait les collégiens à poser des questions à leurs professeurs sur les liens entre l'ascension d'Hitler et les Rothschild".

"[A la télé], tu ne peux pas arriver from nowhere, débarquer et dire : 'Tiens, je vais commencer sur la Shoah, j’ai un truc à raconter'", lance Kevin Razy pendant l'émission. "C’est pour ça que Dieudonné a pu parler aussi longtemps. Il n’a pas commencé avec son sketch sur le colon israélien. Il a une carrière de ouf avant d’arriver à ce sketch-là. Quand t’es petit et tu commences par des trucs comme ça, c’est impossible de se développer".

"Dans abstentionniste, il y a sioniste!"

Ensuite, Kevin Razy fait mouche avec une petite blague : "Dans abstentionniste, il y a sioniste !" Après avoir gagné un blind test, l'humoriste reçoit comme cadeau... une kippa. Comme le relève Street Press, le Cercle des Volontaires, qui organisait le débat, est un acteur important de la complosphère française. Parmi les contributeurs de ce site, qui revendique pas moins de 100.000 visiteurs, s'affiche par exemple Thierry Meyssan, figure de ce mouvement et contestataire notoire du 11 septembre.

Joint par le pure-player, Romain Pigenel, qui coordonne la campagne de lutte contre les théories du complot, n'a pas caché sa désagréable surprise : le programme est censé être alimenté tout au long de l'année en contenu. "'On te manipule', ce n'est pas du one shot", a-t-il expliqué. A l'origine de ce casting raté : la boite de production de DailyMotion, à qui le gouvernement avait confié la réalisation de cette première vidéo... sans se soucier forcément du passé numérique de Kevin Razy.

Le mea culpa de Razy

Lequel, contacté par BuzzFeed , a plaidé l'ignorance pour expliquer sa présence sur ce site : "J'avais été approché pour débattre de l'influence des youtubeurs [...] sans savoir que ce site relayait des propos conspirationnistes." Face au tollé, l'humoriste fait amende honorable : "Je pensais que c'était un petit média indépendant. [...] J'aurais dû mieux vérifier."

Rappelant le travail qu'il abat depuis quatre ans pour "décrédibiliser les complotistes sur le net", il en a profité pour enfoncer sur le clou sur le propos du clip auquel il a participé pour le gouvernement : "C’est sain de remettre en question l’information qu’on nous donne MAIS on doit toujours s’appuyer sur des sources fiables."

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