L'ETA met fin à l'insurrection armée : "3,5 tonnes d'armes, explosifs et matériels" découverts

DÉSARMEMENT - L'organisation séparatiste basque ETA a transmis aux autorités françaises une liste de 8 caches d'armes. Une décision qui met fin à plus de quarante ans d'insurrection armée.

L'organisation séparatiste basque espagnole ETA a fourni samedi matin à la police, via une association baptisée les "artisans de la paix", une liste de huit caches d'armes dans le Sud-Ouest de la France. Ces caches d'armes et d'explosifs, qui constitueraient ce qu'il reste de l'arsenal d'ETA, sont situées dans le département des Pyrénées-Atlantiques. 


"Les services de police se sont rendus sur les sites indiqués où ont été découverts, dans des bidons et sacs, des dizaines d’armes de poing et d’épaule, des milliers de munitions, plusieurs centaines de kilogrammes d’explosifs et produits entrant dans la composition d’explosifs, plusieurs centaines de détonateurs et retardateurs", a déclaré le parquet de Paris par voie de communiqué ce samedi après-midi. Les investigations se poursuivent pour savoir notamment si certaines armes ont été utilisées par le passé, selon l'AFP qui cite une source proche de l'enquête.


Plus tard dans la journée, Bernard Cazeneuve a précisé que "près de 3,5 tonnes d'armes, explosifs et matériels" ont été trouvés. "Le gouvernement français se félicite de cette opération, menée dans le calme et sans violence. C'est là une étape décisive vers la fin du terrorisme indépendantiste basque", a estimé le Premier ministre, qui a exprimé "une pensée pour les 829 victimes de l'ETA, et pour les milliers de personnes blessées par ses actions terroristes".


ETA, qui avait renoncé à la lutte armée en 2011 mais est toujours classée comme "organisation terroriste" par l'Union européenne (UE), avait annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi, dans un communiqué à la radio-télévision britannique BBC, son "désarmement total" pour le samedi 8 avril.

130 armes de poing et deux tonnes d'explosifs

Dans cette perspective, les services de police, ainsi que des spécialistes du déminage, sous l'autorité du Parquet antiterroriste à Paris, compétent en la matière, sont mobilisés au Pays Basque français et "prêts à intervenir à tout moment", indiquent des sources proches du dossier. Car, historiquement pour ETA, la France et plus particulièrement le Sud-Ouest, ont été une "base arrière".


D'après des experts de la lutte antiterroriste, l'arsenal d'ETA comprendrait environ 130 armes de poing et deux tonnes d'explosifs, pour l'essentiel volées en France. Selon ces experts, ETA est "à l'agonie et le mouvement clandestin compterait tout au plus encore une trentaine de membres".  


En marge de l'opération de "désarmement" elle-même, un "grand rassemblement populaire" est organisé samedi à Bayonne sur le thème "Nous sommes tous et toutes des artisans de la paix", auquel sont attendus plusieurs milliers de participants.

Mouvement né en 1959

ETA (Euskadi Ta Askatasuna, Pays Basque et Liberté), née en 1959 dans la lutte contre le franquisme, a renoncé en octobre 2011 à la lutte armée, après 43 ans de violences au nom de l'indépendance du Pays Basque et de la Navarre et 829 morts attribués à son mouvement clandestin. 


Mais ETA refusait son désarmement et sa dissolution exigés par Madrid et Paris, réclamant une négociation sur ses membres détenus (environ 360, dont 75 en France et une centaine purgeant des peines de plus de dix ans de prison).

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