La dépression post-partum : "Il faut partager pour trouver un exutoire"

La dépression post-partum : "Il faut partager pour trouver un exutoire"

MATERNITE - Alors que la presse people américaine fait ses gros titres sur l’actrice Hayden Panettiere, qui revient sur la dépression post-partum qu’elle a traversée, "metronews" s’est penché sur ce phénomène. La thérapeute en péri-natalité, Deborah Schouhmann-Antonio, nous aide à y voir plus clair.

Existe-t-il une différence entre le baby blues et la dépression post-partum ?
La dépression post-partum est un syndrome dépressif qui peut survenir jusqu’à un mois après l’accouchement, et qui peut durer longtemps. Il ne faut pas la confondre avec le baby blues, qui lui commence en moyenne trois jours après la naissance du bébé et ne dure jamais bien longtemps, au maximum trois-quatre jours (et qui va souvent de paire avec une chute des hormones consécutive à l'accouchement, ndlr).

Y a-t-il des effets annonciateurs ?
Si la maman connaît une dépression pré-natale, c’est-à-dire pendant la grossesse, il y a de fortes chances pour qu’elle endure par la suite une dépression post-partum. Mais le plus souvent, il n’y a aucun signe annonciateur, car ce type de dépression peut survenir pour une multitude de raisons : par exemple, la maman peut être déçue à force d’avoir trop visualisé son bébé avant qu’il ne vienne au monde. Egalement, quand elle devient mère, les problèmes qu’elle a pu connaître avec sa propre maman peuvent ressurgir sans crier gare.

"10 et 20 % des nouvelles mamans concernées"

Comment diagnostiquer une dépression post-partum ?
La dépression post-partum se reconnaît à plusieurs symptômes comme l’hyperactivité, un sentiment de désintéressement du bébé et une nette impression de ne pas être à la hauteur. C’est une grande souffrance qu’il faut prendre en considération.

Justement, comment prendre en charge la dépression post-partum ?
Déjà, il faut savoir que la dépression post-partum se soigne. D’ailleurs, quand elle est repérée à temps, il ne s’agit pas d’un fait gravissime. On la soigne principalement par la parole et la déculpabilisation. C’est donc un suivi psychologique qui s’impose, auquel peut venir s’ajouter un traitement médicamenteux si nécessaire. Il faut que la maman comprenne que cela peut arriver à toutes les femmes. C’est pourquoi l’échange est fondamental. Sur internet, les forums, les associations, les groupes de discussion peuvent être un vrai exutoire.

Pourtant, ce type de dépression reste un tabou…
C’est vrai. Dans notre société, la grossesse est synonyme d’épanouissement. On entend souvent dire aux mamans : "Tu es enceinte, tu ne peux être qu’heureuse". C’est une idée particulièrement relayée dans les magazines féminins par exemple. Et elle est fausse. Certaines femmes n’aiment tout simplement pas être enceintes, sans que cela ne présage d’une mauvaise relation avec son enfant plus tard. Pour briser ce tabou, pas d’alternative possible : il faut parler, car la dépression post-partum touche entre 10 et 20 % des nouvelles mamans.

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