La Poste : c'est quoi cette pratique du "fini-parti" épinglée par la Cour des comptes ?

La Poste : c'est quoi cette pratique du "fini-parti" épinglée par la Cour des comptes ?

TRAVAIL - La Cour des comptes a épinglé dans son rapport annuel la pratique du "fini-parti" des facteurs, considèrant qu’elle génère de la sous-activité. Une allégation que conteste la CGT-FAPT, pour qui la charge de travail n’est pas la même chaque jour.

Le facteur finit sa journée quand la tournée est terminée… Cette pratique du "fini-parti" a été épinglée par la Cour des comptes dans son rapport annuel publié mercredi 10 février. D’après les Sages de la rue Cambon, le "fini-parti" génère de la sous-activité et l’organisation des tournées doit être revue. "Persistent sur le terrain des situations de sous-occupation pour certains facteurs, et donc un potentiel de productivité inexploité et qui n'est pas toujours mesuré par La Poste", juge l’institution dans son rapport .

EN SAVOIR + >> Cour des comptes : les pistes pour moins gaspiller d'argent public

La Cour des comptes pointe la difficulté de prévoir et contrôler le temps de travail effectif des facteurs. Pour remédier au "fini-parti", elle propose notamment de "tenir compte de la présence effective dans le calcul de la part variable de leur rémunération". "Ça serait un retour en arrière de deux siècles", conteste la CGT-FAPT (Fédération des activités postales et des télécommunications), qui minimise la pratique du "fini-parti".

Un phénomène "non-généralisé"

Ce "fini-parti" résulte de la baisse du volume du courrier d’après la Cour des comptes. Pour autant, "on ne peut pas dire qu’il y a baisse de travail", estime auprès de metronews la responsable des activités poste de la CGT-FAPT Valérie Mannevy. Elle assure que la charge du courrier est très variable : "Il y a des jours où oui, on part plus tôt car la tournée est terminée, et d’autres où on fait des heures supplémentaires, qui ne sont d’ailleurs pas payées", affirme-t-elle.

"Cette pratique n’est pas généralisée, et le rapport de la Cour des comptes donne l'image d'un facteur qui ne fout rien", déplore la représentante syndicale, qui rappelle que chaque centre postal est libre d’interdire ou non cette pratique. "Il y a des facteurs qui font cela pour ne pas être en dépassement horaire également, car ils ont des enfants à aller chercher par exemple et ne peuvent pas payer la crèche une heure de plus", justifie-t-elle. Et à ce titre, ils ne prennent parfois pas de pause, assure Valérie Mannevy, évoquant le salaire "très bas" des postiers.

Une pratique à risque

Par ailleurs, la pratique du "fini-parti" n’est pas sans risque, comme le rapportait  La Dépêche du Midi en 2012 : la médecine du travail de Castres avait remis un rapport faisant état de "l’effet pernicieux du fini parti, qui amène certains facteurs à ne pas prendre de collation matinale, à prendre des risques routiers durant les trajets".

À LIRE AUSSI >> La Poste : explosion des tarifs et service pas toujours au top  

Les tags

Et aussi

Sur le même sujet

À suivre

Rubriques