La pratique religieuse de plus en plus présente en entreprise

RELIGION - Une étude révèle que plus de deux tiers des salariés français ont été confrontés au fait religieux au sein de leur entreprise. Un guide sera bientôt présenté pour faciliter la tâche des managers face à ces comportements en augmentation.

Un collègue qui profite d’une pause pour prier, le port ostentatoire d’un signe religieux ou une demande de congé pour respecter une fête... Le fait religieux se décline sous de nombreuses formes au travail. 65% des salariés français assurent y avoir déjà été confrontés au sein de leur entreprise en 2016, selon une enquête menée par l'Institut Randstad et l'Observatoire du fait religieux en entreprise (OFRE), dévoilée ce jeudi. Un chiffre en augmentation (ils étaient 50% en 2015), mais dont 9% des cas seulement deviennent conflictuels (6% en 2015).


Un phénomène qui ne pose pas de problème pour la plupart des managers, puisqu’il se manifeste le plus souvent par des aménagements de planning ou des demandes de congés en fonction des évènements religieux. Des pratiques ne nuisant pas à la vie de l’entreprise. Les plaintes proviennent elles le plus souvent des salariés, pour qui leurs supérieurs feraient preuve de racisme ou de discrimination.

Pour les employeurs qui auraient du mal à gérer l’expression et la pratique religieuses de leurs employés, le ministère du Travail présentera le 20 octobre un guide pratique du fait religieux en entreprise. Les managers pourront ainsi s’y référer pour trouver des réponses au problème de l’apparence vestimentaire d’un salarié, mais aussi pour les questions sur la restauration ou les prières sur le lieu de travail.

VIDÉO - Guide du fait religieux en entreprise : que pourra-t-on y trouver ?

Pour Nicolas Cadène, de l’Observatoire de la laïcité, il pourra être demandé à un salarié de raser sa barbe si celui-ci occupe un poste dans la restauration. De même, un employé du BTP devra enlever son foulard ou son turban pour pouvoir porter le casque obligatoire sur les chantiers. En revanche, rien ne pourra être reproché à une personne refusant de serrer la main de sa collègue femme, à moins que cela nuise concrètement à la vie de l’entreprise. Le patron n’est par contre pas contraint de proposer des menus adaptés à la religion de chacun ni de mettre à disposition des salles de prière.

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