"Ecole rénovée, équipe motivée" : dans la Nièvre, les parents cherchent sur Le Bon Coin un repreneur pour l’école du village

"Ecole rénovée, équipe motivée" : dans la Nièvre, les parents cherchent sur Le Bon Coin un repreneur pour l’école du village

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PETITE ANNONCE – C’est une initiative insolite qu’ont trouvée les parents d’élèves de Ternant, petite commune de la Nièvre, pour alerter sur le projet de l’Education nationale de fermer l'école du village. Ils cherchent un repreneur privé via Le Bon Coin.

Annonces alléchantes, bon plans séduisants. C’est connu, le site Le Bon coin est devenu le rendez-vous des chineurs 2.0 en quête d'une super affaire. Mais la petite annonce publiée le 24 février dernier et intitulée "Ecole rurale du sud Morvan cherche repreneur privé" les a peut-être interpellés.


Ce qui est à vendre ? Une école. Belle bâtisse, style classique, sobre, mais efficace. Intérieur propret, coloré. L’annonce détaille : "Du CP au CM2, dans une école rénovée, tableau numérique, équipements informatiques pour chaque élève, service de cantine, ramassage scolaire, grande salle communale attenante, équipe de parents d'élèves motivée, environnement préservé." Belle affaire, donc. Quant aux perspectives d’avenir, elles sont verdoyantes : "Rentrée 2017 : 10 élèves, mais effectifs prévus à ce jour en progression : 19 élèves en 2020." Une affaire en or, même !

La politique du chiffre ?

Pas vraiment sérieuse – même si rien ne vous empêche d’investir -, la petite annonce a surtout pour but d’attirer sur une situation difficile pour la commune de Ternant, dans la Nièvre. "On a voulu, avec les mamans d’élèves lancer un petit buzz, faire parler. Parce que dans nos petits villages, on n’est pas très nombreux, et quand on fait une manifestation, ça fait un peu ridicule",  raconte à LCI Nathalie Thurel, déléguée des parents d’élèves. Depuis début janvier, les habitants de Ternant ont en effet appris que l’école de la commune était menacée de fermeture. Stupeur. "Cela nous paraissait incompréhensible", raconte Nathalie. "Les effectifs sont en hausse, et dans nos petites communes, c’est super important pour nous de garder les enfants sur la commune !"


Une école qui a 10 enfants, du CP au CM2… tentant, pour l’Education nationale, de fermer les portes et envoyer les élèves ailleurs, vers un établissement plus important. Nathalie en mesure déjà les conséquences. "Ça va être compliqué pour nos petits..." D’abord pour les transports. "L’école la plus proche est à 15 km. Mais vu le territoire qu’on a, fait de petites routes sinueuses, ça fait 45 minutes de transports matin et soir." Un rythme soutenu, pour ces jeunes enfants.

Plutôt que de remettre des bus sur les routes, pourquoi ne pas garder notre enseignante sur place?Nathalie, déléguée des parents d'élèves

D’autant que les cars scolaires pour l’instant mis en place – arbitrés par le Conseil général – sont alignés sur les horaires du collège. Et partent donc très tôt, vers 7 h. "Nos enfants vont faire des horaires à rallonge de garderie", souffle Nathalie, qui pointe aussi l’environnement. "Je suis agricultrice, c’est une chose à laquelle on est sensibles : plutôt que de remettre des bus sur les routes, pourquoi ne pas garder notre enseignante sur place ?"


Enfin, et surtout, il y a la crainte que les conditions d’enseignement se dégradent fortement. "Les communes où l’Education nationale veut rapatrier nos enfants ont déjà des classes avec de gros effectifs, jusqu’à 28 élèves par classe en CP", raconte Nathalie. "Cela ne remet pas en cause la qualité de travail des enseignants, mais ce n’est pas pareil pour nos enfants."


L’Inspection académique ne semble toutefois pas entendre ces arguments. "On a eu des discussions avec l’inspectrice", souffle Nathalie. "Ça a été un peu chaud. Ils sont très axés sur les chiffres, au détriment du bien-être de nos enfants." L’Inspection devrait rendre sa décision la semaine prochaine. Les parents espèrent ne pas voir disparaître l’établissement. "L’institutrice est super", souffle Nathalie. "Elle a des tas de projets pédagogiques. L’an dernier, elle a emmené les enfants au ski, cette année, ils partent en classe verte. C’est une telle ouverture, pour nous, campagnards !"

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