Le Petit journal répond à Le Drian : "À aucun moment on a mis en cause la sécurité du ministre"

Le Petit journal répond à Le Drian : "À aucun moment on a mis en cause la sécurité du ministre"

MEDIAS – Samedi, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian avait accusé les journalistes du Petit journal d'avoir "franchi la ligne jaune" en filmant son logement. Lundi soir, les reporters se sont défendus d’avoir mis en cause sa sécurité.

Ils s’étaient "sacrément fait engueuler" par le ministre. Comme ils aiment bien avoir le dernier mot, ils ont répondu. Lundi soir, le Petit journal a mis un point (final ?) à deux jours de débats et d’interrogations : non, ils n’ont pas filmé la voiture de Jean-Yves Le Drian, ni mis en danger sa sécurité. 

Samedi dernier en effet, la visite surprise de Jean-Yves Le Drian à Botmeur, dans le Finistère, pour une cérémonie de voeux, avait donné lieu à un petit règlement de compte avec les reporters du Petit journal. Leur présence sur les lieux n’avait visiblement pas plu au service de sécurité du ministre. "A peine descendu de voiture et alors qu'il était filmé, Jean-Yves Le Drian a demandé à parler au journaliste en précisant "hors micro"", indique le Télégramme , présent sur place. Selon le quotidien local, Jean-Yves Le Drian aurait dit à l’équipe de Canal Plus : "Vous pouvez tout faire mais il y a deux choses qu'on ne peut pas toucher : ma famille et ma sécurité. Hier soir, vous avez franchi la ligne jaune." Il accusait en effet les journalistes d’avoir filmé son domicile et d’avoir ainsi mis "en danger sa sécurité". "Vous avez déconné. Il y a des procédures et je vais aller jusqu'au bout. On va récupérer vos rushs".

"On n'a pas filmé sa maison"

Lundi soir, Yann Barthès, a ainsi invité sur son plateau le reporter présent sur place, Hugo Clément, qui a précisé : "Non, on n’a pas filmé sa maison. Par contre on est allé dans son quartier, le quartier où il vit quand il est à Rennes", a raconté le journaliste. "On voulait voir quel impact la présence d’un ministre de la Défense, forcément plus protégé qu’un président de région classique, avait sur la vie quotidienne des voisins". D’après lui, l’équipe est "tombée sur deux véhicules remplis de militaires pas loin de son domicile. Alors je me suis présenté aux soldats en leur disant que j’étais journaliste, je leur ai montré ma carte de presse, ils ont relevé notre plaque d’immatriculation et ils nous ont laissés filmer. On a fait quatre plans des voitures militaires, pas de la maison, et on est partis." "Et c’est tout ?", demande Yann Barthès. "Et c’est tout", répond Hugo Clément. 


Le reporter a ensuite développé les suites que pourraient avoir cette affaire : "En théorie, le ministre peut saisir le procureur de la République pour atteinte a la vie privée ou mise en danger de la vie d’autrui", précise Hugo Clément. "En théorie, le procureur pourrait demander en théorie une perquisition de nos locaux pour saisir nos images."

Il cite également un article du code pénal indiquant que "le fait en vue de nuire à la défense nationale d’entraver le fonctionnement normal des services et établissements publics ou privés intéressant la défense nationale est puni de trois ans de prison et 45 000 euros d’amende." Forcément, Yann Barthès en plaisante : "Alors les 45 000 euros d’amende, Canal Plus paiera, c’est sûr… Et pour la prison, je t’amènerai des oranges." Avant de conclure, histoire que les choses soient bien, bien claires : "As-tu oui ou non mis en danger la sécurité du ministre de la Défense ?" "Non, à aucun moment. Et on continuera donc à faire l’emploi du temps croisé de Jean-Yves Le Drian". Fin de l'histoire ? 

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