Les Français sont-ils vraiment nombreux à trouver l'âme sœur sur les sites de rencontres ?

Les Français sont-ils vraiment nombreux à trouver l'âme sœur sur les sites de rencontres ?

AIMEZ-VOUS LES UNS LES AUTRES - D’après un sondage de 2014, un adulte sur trois utiliserait les sites de rencontres sur Internet. Pourtant, malgré leur succès, ces sites n’ont pas changé la géographie amoureuse en France, et la majorité des rencontres se font encore hors ligne, selon une étude de l'Ined.

Célibataires, vous avez peut-être déjà vécu cette situation : un(e ) ami (e), souvent en couple, qui face à votre désert sentimental, tente d'apporter une solution : "Mais pourquoi n'essaies-tu pas les sites de rencontres ? Ça marche, il paraît." Et d’égrener une dizaine d’amis, ou amis d’amis ayant trouvé l'amour via Internet. D’après une étude de 2014, un adulte sur trois utiliserait d’ailleurs ces sites de rencontre. Et pourtant. D’après une étude de l’Ined (Institut national d'études démographiques) qui vient de paraître, le résultat est loin d’être garanti.

Certes, dès leur apparition, les sites de rencontres ont rencontré un succès foudroyant. En 2006, alors que seuls 42% des ménages avaient accès à Internet, 10% des personnes étaient connectées à un site de rencontre. Et le succès a continué : en 2013, 14% des 26-65 ans se sont déjà inscrits sur ce type de site. Une pratique plus importante que dans d’autres pays – 9% des internautes sont inscrits aux Etats-Unis, par exemple. Seul hic, la pratique ne reste pas totalement acceptée en France, trop souvent perçue comme un mode de rencontre "par défaut", estime Marie Bergström, qui a diligenté l’étude.

Surtout des relations éphémères

La population des usagers s'est en revanche diversifiée, au fil des années : alors qu’en 2006, les cadres et les professions intellectuelles étaient essentiellement ceux qui fréquentaient la chose (13%), les ouvriers sont deux fois plus nombreux en 2013, passant de 6 à 13%. Mais cette diversification sociale n’implique pas forcément le brassage : "En même temps que les sites de rencontres se sont diffusés, ils se sont davantage spécialisés", note Marie Bergström. "On constate désormais une segmentation forte des sites qui s’adressent à des populations-cibles spécifiques : personnes d’un certain âge, lieu d’habitation, milieu social ou culture religieuse."

Sans trop de surprise, l’usage des sites est particulièrement développé chez les moins de 30 ans, une génération rouée au numérique et à un large usage d’Internet. Et aussi, une tranche d’âge qui compte de nombreux célibataires, notamment chez les hommes, qui se mettent en couple plus tard. Pourtant, révèle l’étude, si ces sites attirent donc un public "nombreux", ils ne contribuent pas tant que cela à former des couples. "Parmi les personnes ayant rencontré leur partenaire actuel entre 2005 et 2013, moins de 9 % l’ont connu via ce type de service", indique Marie Bergström. Ce qui place les sites en cinquième position dans le palmarès des contextes de rencontre, derrière le lieu de travail, les soirées entre amis, les lieux publics et l’espace domestique (chez soi ou chez d’autres).

En fait, ces sites donnent surtout lieu à des relations éphémères : ils sont à l’origine de nombreuses rencontres, mais seule une petite partie des relations s’inscrit dans la durée, plutôt d’ailleurs chez les personnes séparées ou divorcées que chez les jeunes. C’est d’ailleurs un peu l’image qu’en ont les Français, mais c’est confirmé par les chiffres : "Sur l’ensemble de la population, seuls 2% déclarent avoir rencontré leur conjoint actuel via ces sites", note l’étude. "Mais 7% disent avoir connu des relations moins importantes par ce biais." 70% des personnes ayant fréquenté ces services sont d’ailleurs d’accord pour dire qu’ils mènent "surtout à des rencontres occasionnelles".

A LIRE AUSSI
>> Données sensibles : faut-il se méfier des sites de rencontre comme Meetic et Attractive world ?

>> C'est (peut-être) grâce à elle que vous allez trouver l'amour sur l'appli Once

Les tags

    Et aussi

    Sur le même sujet

    À suivre

    Rubriques