"Les moyens mis en oeuvre, c'est zéro" : les victimes des attentats et leurs proches élèvent la voix

"Les moyens mis en oeuvre, c'est zéro" : les victimes des attentats et leurs proches élèvent la voix

TÉMOIGNAGE - La parole des victimes et des familles de victimes des attentats du 13 novembre commence à se libérer à l'occasion des auditions de la commission d'enquête parlementaire. René Guyomard estime ainsi que son fils serait encore en vie si les menaces avaient été suffisamment prises en compte.

"Si toutes ces informations avaient été prises au sérieux, mon fils serait encore en vie." Trois mois après les attentats qui ont fait 130 morts à Paris et à Saint-Denis, la parole des victimes et des proches se libère. Mercredi 17 février, René Guyomard, dont le fils a été tué au Bataclan, s'est exprimé devant la commission d'enquête parlementaire mise en place depuis ce lundi. Pour ce père, "les moyens mis en œuvre" entre l'attaque de Charlie Hebdo et les attentats de novembre, "c'est zéro". "Mon fils n'a pas été protégé, a-t-il lâché à l'adresse des autorités.

Le Bataclan, objet de menaces abandonné ?

Un témoignage choc qui faisait écho aux arguments des avocats des victimes entendus dans le cadre de la même audition . Ces derniers pointent le manque de coopération entre les services de police, de renseignement et la justice, et parfois des failles internes, qui ont selon eux permis les attaques.

Alors que les services de renseignement savaient que les salles de spectacle parisiennes étaient des cibles potentielles des djihadistes, particulièrement le Bataclan, ses propriétaires n'ont "pas été avertis" et "aucune mesure de sécurité particulière n'a été prise", a ainsi regretté maître Olivier Morice. Les policiers de la BRI n'avaient "pas le plan" du Bataclan, alors qu'on a pu en retrouver un "dans le portable d'un terroriste".

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Les services secrets belges en prennent pour leur grade

Parmi les autres manquements, selon les avocats, la Belgique, "qui n'a pas cru bon de transmettre les informations qu'elle avait concernant Abaaoud [un des organisateurs présumés des attentats, ndlr] et la filière de Verviers en 2015, ce qui aurait certainement permis d'épargner la vie de personnes innocentes". Une critique formulée par maître Samia Maktouf, qui accompagnait son client Omar Dmoughi, un vigile du Stade de France.

En outre, les services de renseignement français n'ont de leur côté pas "porté à la connaissance de la justice en temps utile des informations susceptibles d'être exploitées" pour anticiper ces derniers attentats, les plus meurtriers jamais commis en France, a déploré Olivier Morice. "A aucun moment, les affaires n'ont été interconnectées", résume maître Patrick Klugman, accompagné d'une victime des attentats perpétrés en 2012 par Mohamed Merah à Montauban et Toulouse.

Prévue pour cinq mois, la commission d'enquête parlementaire devra tirer un bilan critique de l'action des pouvoirs publics face aux attentats qui ont meurtri la France en 2015.

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