Les soins de santé remboursés en fonction des revenus ?

Les soins de santé remboursés en fonction des revenus ?

SANTÉ - Une étude de l'Insee publiée par deux économistes prône une réforme de système de remboursement des soins de ville par la Sécurité sociale. L'idée serait de prendre en compte le revenu des malades, avec pour but de mieux accompagner les moins aisés.

Les soins de santé seront-ils remboursés en fonction du revenu des malades ? C'est en tout cas la réforme de la Sécurité sociale que préconisent deux économistes dans une étude publiée jeudi par l'Insee . Elle ne concernerait que les soins dits de ville (médecin, dentiste, ...), qui représentent 53% du montant total des soins, sans toucher les soins hospitaliers, les plus coûteux.

Pierres-Yves Geoffard et Grégoire de Lagasnerie, les deux économistes auteurs du rapport, se sont intéressés au ticket modérateur, c'est-à-dire à la part que doivent payer les patients, avec pour objectif de mieux rembourser les plus pauvres. Désormais, les malades seraient pris en compte individuellement, et non par ménage, comme c'est le cas actuellement. Un couple "franchise-plafond" est alors imaginé.

"Rendre le système plus équitable"

Une franchise annuelle serait d'abord payée par tous les assurés. Deux hypothèses pour la fixer : soit la même pour tous, soit elle augmente en fonction des revenus. En outre, un plafond déterminerait le coût à partir duquel le patient est entièrement remboursé. Bas pour les moins aisés, il augmenterait avec les revenus, selon un pourcentage.

L'objectif de la réforme serait de "rendre le système de remboursement plus équitable", selon les conclusions de l'étude. Les moins aisés touchés par des maladies de longue durée, impliquant des coûts élevés, seraient ainsi intégralement remboursés par les complémentaires. Ce qui ne se ferait qu'à des coûts plus importants pour les plus hauts revenus. Ce type de fonctionnement existe déjà dans certains pays comme la Suède, la Suisse ou les Pays-Bas.

Selon les auteurs, la Sécurité sociale n'aurait pas besoin d'un budget plus conséquent. En revanche, le coût politique d'une telle réforme pourrait se révéler élevé si elle devait être reprise à son compte par le gouvernement. Avec les attaques de l'opposition au sujet de la modulation des allocations familiales et du coup de canif porté au principe d'universalité, celui-ci paye déjà pour voir.

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