"Levons les malentendus", la nouvelle croisade anti-IVG de l'Alliance Vita

"Levons les malentendus", la nouvelle croisade anti-IVG de l'Alliance Vita

SOCIAL – Fer de lance de la lutte contre l'avortement, l’Alliance Vita lance une nouvelle campagne "de prévention de l'IVG" à l’adresse… des hommes. Alors que les députés examinent jeudi une proposition de loi visant à étendre le délit d'entrave à l'IVG aux sites internet, une telle offensive pourrait-elle bientôt devenir illégale ?

"Et si la prévention de l’IVG passait aussi par les hommes ?" Telle est la question que pose le site "levonslesmalentendus", petit dernier de la grande famille Alliance Vita, mouvement militant opposé à l’avortement. Lancé le 29 novembre dernier, le site est accompagné d’une campagne de distribution de dépliants dans la rue, comme ici à Clermont-Ferrand, rapporte cette internaute : 

"Agressé, nié, rejeté"

Le but de la campagne ? Affirmer que "derrière toute grossesse, il y a un homme". Et, à l'image du site "ivg.net" ou de la plateforme "SOS Bébé", également pilotés par l'Alliance Vita, diffuser un discours anti-avortement, la plupart du temps sous couvert d'une information neutre. "Nous constatons que de grands malentendus persistent sur la sexualité, la contraception et la grossesse", détaille ainsi le site internet. "Ils expliquent beaucoup des avortements subis par les femmes à contrecœur et qui pourraient être évités."

Au centre du message donc, la traditionnelle rhétorique anti-avortement : on retrouve ainsi le témoignage d’un homme se sentant "agressé, nié, rejeté" par une femme l’ayant "privé de parole" en décidant d’avorter. A l’inverse, une jeune maman affirme avoir "tenu tête" face à un compagnon qui "faisait un blocage total" et lui "demandait d’avorter". "Aujourd’hui nous vivons ensemble, notre fille vient d’avoir 2 ans et nous attendons le 2em, peut-on lire encore.

"Une position anti-IVG claire et nette"

Un opération com' rondement menée, au timing soigneusement choisi. Même si Tugdual Derville, délégué général de l'Alliance Vita et ancien porte-parole de la Manif pour Tous, explique à LCI " que cette campagne est en route depuis longtemps", le calendrier ne trompera personne. Car c'est bien demain jeudi 1er décembre que doit être examinée par les députés la proposition de loi visant à étendre le délit d'entrave à l'IVG. Le texte législatif, qui prévoit de sanctionner les sites "diffusant des allégations faussées", ou qui "exercent des pressions psychologiques sur les femmes" s’informant sur une éventuelle IVG, pourrait-il mettre un terme à cette nouvelle campagne anti-avortement ?


Tugdual Derville, en tout cas, ne se sent pas "explicitement visé". Pour en avoir le cœur net, nous avons demandé son avis à l'entourage de Catherine Coutelle, députée PS de la Vienne et rapporteure de cette proposition de loi. La réponse est simple. Même si ce texte était voté, il ne permettrait pas de stopper cette croisade des temps modernes menée par l'Alliance Vita. "Il s'agit d'un site qui amène une position anti-IVG de manière claire et nette. Parce qu'il n'avance pas masqué, ce n'est pas le genre de site qui est visé par la proposition de loi", explique-t-on à LCI. Voilà qui devrait rassurer les détracteurs du projet qui, à l'image de la Conférence des évêques de France, crient à la censure et  à une "limitation grave de la liberté d'expression".

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