Malgré le scandale Volkswagen, l’UE assouplit le seuil d’émission de diesel

Malgré le scandale Volkswagen, l’UE assouplit le seuil d’émission de diesel

DIESEL - Bruxelles a établi de nouveaux seuils d'émission de gaz polluant pour les moteurs diesel. Elle donne une marge de tolérance de 110% pendant deux ans, puis de 50% au-dessus du seuil actuel, provoquant la colère des Verts.

Alors que le scandale Volkswagen mettait en lumière les failles des tests européens, l’Union européenne a décidé d’être plus clémente.

Ce que l'UE permet
A partir de septembre 2017, les constructeurs de moteurs diesel bénéficieront de seuils dans les nouvelles mesures de gaz polluant en condition de conduite réelle, par rapport aux normes actuelles en laboratoire. Pour être homologué, un véhicule devra passer les deux tests, en laboratoire et sur route, le second étant plus efficace contre tout dispositif destiné à contourner les épreuves. 

Ce que ça change
L’application est programmée en deux étapes au cours des six prochaines années. Les constructeurs vont bénéficier d'une marge de tolérance pour les émissions d'oxyde d'azote de 110 % pour les nouveaux modèles mis en circulation, soit deux fois plus que le seuil de 80 mg/km stipulé actuellement par la législation européenne pour les tests en laboratoire. Puis à partir de janvier 2020, la différence sera ramenée à 1,5 fois (50 %) pour tous les nouveaux modèles et ce de façon permanente, pour prendre en compte les contraintes de la conduite réelle.

"Le seuil n'est pas doublé. On a établi un test qui n'existait pas auparavant", s'est félicitée une source proche des négociations. " L'affaire Volkswagen a accéléré l'adoption", a-t-elle reconnu. Les chiffres présentés à l'issue du comité technique ont toutefois soulevé la colère des Verts et d'associations de protection de l'environnement.

Pourquoi ça fait tousser les écologistes
"Les citoyens vont se demander pourquoi leurs gouvernements préfèrent aider les constructeurs automobiles qui trichent lors des tests plutôt que de leur fournir un air propre à respirer", s'est indigné Greg Archer, de l'ONG Transport & Environment, basée à Bruxelles et Londres. Les eurodéputés libéraux et Verts, qui ont voté la limite de 80 mg/km, sont aussi montés au créneau. "C'est un honteux coup monté qui une fois de plus place les intérêts des constructeurs automobiles devant la santé des gens", a tonné la libérale-démocrate Catherine Bearder dans un communiqué. Yannick Jadot a enfoncé le clou : "L'Europe fait passer la santé de l'auto avant celle du citoyen".

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