Manif pour tous : "Je ne suis pas là pour négocier", prévient Laurence Rossignol

Manif pour tous : "Je ne suis pas là pour négocier", prévient Laurence Rossignol

INTERVIEW - Pour le premier aniversaire de la loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels, la nouvelle secrétaire d'Etat à la Famille a accepté de répondre aux questions de metronews. L'occasion de revenir sur la Manif pour tous, qu'elle recevra dans quelques jours. Et sur l'ouverture de la PMA, encore loin d'être défendue par le gouvernement.

Il y a un an jour pour jour, la loi "mariage pour tous" était adoptée ; quel bilan tirez-vous de son application ?
J'étais parlementaire au moment où elle a été adoptée, et je suis fière d'avoir voté cette loi et fait progresser l’égalité des droits. Le débat a été long, difficile, et il a donné lieu à des dérapages qui ont été préjudiciables à la fois à la représentation nationale et à l'harmonie du pays. Mais je crois que c'est une loi qui est déjà entrée dans les mœurs. Elle est simplement appelée à se banaliser, parce que la société est prête à accorder ces nouvelles libertés même si des oppositions se sont exprimées.

Quel regard portez-vous sur ces mouvements d'opposants ?
J'ai comme tout le monde constaté leur capacité de mobilisation, notamment de la Manif pour tous, mais je pense pour ma part que ce débat est maintenant derrière nous. Et je prends le pari que cette loi est irréversible : si un jour une autre majorité nous succède, elle ne reviendra pas en arrière. La suite du mouvement des anti leur appartient. Ils veulent intervenir sur les questions de famille, ils seront, comme d'autres associations concernées, des interlocuteurs.

Manuel Valls a évoqué son souci d'apaisement sur les sujets sociétaux. Est-ce à dire que vous allez donner des gages à ces mouvements contestataires ?
Non, je ne suis pas là pour négocier ni pour leur donner des contreparties. En revanche, je vais recevoir des représentants de la Manif pour tous et de l'Avenir pour tous (le mouvement dissident crée par Frigide Barjot, ndlr) à l'occasion de la préparation de la proposition de loi sur la famille, qui va être discutée au Parlement dans quelques jours. Mais les recevoir ne signifie en aucun cas me soumettre. Je vais les écouter, parce que mon rôle est de parler à tous, dès lors que les valeurs républicaines sont respectées. Nous pourrons peut-être trouver un terrain d'entente sur certains sujets. Je n’en préjuge pas, mais je le souhaite.

Qu'en est-il de l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de même sexe ?
Tout est clair, puisque la PMA n'est pas dans la proposition de loi à venir sur la famille. Ce sujet sera longtemps en débat dans la société française. Mais, dans l’immédiat, le moment n’est pas à légiférer. Il faut arrêter de créer des polémiques sur des sujets qui ne sont pas à l’ordre du jour. Je suis favorable à ce que la loi vienne consacrer les évolutions de la société, mais pas qu'elle les précède.

Justement, de nombreux couples de lesbiennes ont déjà recours à la PMA à l'étranger... Et comment décréter que la société n'est pas prête alors que les sondages montrent le contraire ?
Je ne décrète rien, je m'inscris seulement dans la continuité du gouvernement précédent, qui a retiré le projet de loi sur la famille et la disposition liée à la PMA. La société va continuer de s’approprier ces questions et de se forger son opinion à son rythme. J’ai confiance.

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