Migrants insultés à Stalingrad : la police montrée du doigt

Migrants insultés à Stalingrad : la police montrée du doigt

VIDEO - Un migrant a filmé un homme présenté comme un policier insultant en anglais un groupe de réfugiés installés dans le 19e arrondissement de Paris. Les associations de soutien dénoncent le mauvais traitement des forces de l'ordre qui usent de la force pour déloger les migrants.

"Vous foutez la merde ici, vous ne respectez pas ce pays, cassez-vous". Tels sont les propos tenus en anglais et rapportés par BuzzFeed par un homme présenté comme un policier agressant des migrants installés en dessous du métro Stalingrad (19e arrondissement de Paris). La scène se déroule lundi 22 février vers 6h30 : une personne insulte un groupe de réfugiés pour les inciter à quitter leur campement de fortune, en-dessous du pont aérien du métro. Ces images ont été filmées par un migrant, raconte à metronews Alexis Kraland, un journaliste indépendant, qui a récupéré cette vidéo via un militant et la publié sur sa page Facebook. 

Sur cette vidéo, les insultes pleuvent : "Vous ne respectez pas ce pays, vous crachez sur ce pays, prenez vos affaires et cassez-vous, si vous bougez pas, on va vous faire bouger". Une voiture de police et une lampe torche sont visibles mais la qualité de vidéo ne permet pas d'aller plus loin. "Les images ne permettent pas d'identifier s'il s'agit bien d'un policier", esquive auprès de metronews la préfecture de police, qui ne souhaite pas communiquer davatange à ce sujet. Aucune enquête n'est pour l'instant en cours.

"Move, you piece of shit !" : la police française aux migrants de Stalingrad à l'aube du 22 févrierVidéo filmée par un exilé soudanais

Posté par Axiles Craland sur  mercredi 24 février 2016

Migrants et policiers, toujours tendu

Mais le phénomène, s'il n'est pas prouvé, n'en reste pas moins régulier. Les moments de tensions sont nombreux entre les forces de l'ordre et les migrants, dénoncent les comités de soutien aux réfugiés. "Les migrants sont confrontés à des violences policières depuis l'état d'urgence, c'est un fait", affirme à metronews Houssan, membre du collectif "La Chapelle Debout".

Les campements de rue sont en effet interdits depuis plusieurs mois. Résultat, la police met régulièrement la pression sur les migrants installés à Paris. Contactée par nos soins, une salariée de France Terre d'Asile , chargée de l'accueil des mineurs isolés, ne confirme pas ce type de harcèlements, sans nier des rapports tendus entre le public pris en charge par l'association et les forces de l'ordre.

"Une dimension raciste à prendre en compte"

Selon Houssan, "la dimension raciste est également à prendre en compte dans le traitement policier fait aux migrants". Un racisme qui se manifeste par la violence au quotidien. En attestent d'autres exemples récents, affirme-t-il : "Les réfugiés ont également été réveillés par des gaz lacrymogènes à Stalingrad il y a deux semaines". Une plainte est par ailleurs en cours sur les conditions de vie des migrants dans ces campements.

Les associations ont rencontré la préfecture du logement pour exposer ces problèmes et demander des logements. Mais "notre demande a essuyé un refus. Ce qui a justifié notre installation sur le parvis de Beaubourg". En attendant, le collectif "La Chapelle Debout" continue ses actions et rassemblements, notamment avec une manifestation, samedi 27 février à République.

EN SAVOIR + >> Un campement improvisé à Beaubourg

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