Million de bébés, faillite, Brexit.... Le vrai du faux sur Erasmus, qui fête ses 30 ans

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JOYEUX ANNIVERSAIRE - Ces vendredi 13 et samedi 14 octobre, une dizaine de pays célèbrent les 30 ans d'Erasmus. Depuis 1987, plus de 5 millions de personnes ont pu bénéficier du programme d’échanges européens, rendu mythique par le film de Cédric Klapisch, "L’Auberge espagnole". Retour sur les idées reçues qu'il véhicule.

30 ans. L’âge de la maturité. Et des premières questions existentielles ? Le programme Erasmus souffle ces vendredi et samedi ses 30 bougies dans une dizaine de pays (des festivités avaient déjà été organisées en France en janvier dernier) avec les #ErasmusDays, au cours desquels se dérouleront de nombreux débats, expositions ou concerts. Mais des questions sur l’avenir de ces expériences étudiantes à l'étranger se posent. 


Pour l’occasion, retour, en mode vrai-faux, sur quelques idées préconçues ou informations autour de ce programme de mobilité européenne, qui rencontre un vrai succès.

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LES SUCCES D'ERASMUS

  • 1Le programme Erasmus doit son nom au philosophe Erasme

    VRAI et FAUX. Petit piège en effet. Erasmus est en fait à la base l’acronyme d’’EuRopean Action Scheme for the Mobility of University Students’ (programme d’action européen pour la mobilité des étudiants). Coïncidence ou non, c’est également le nom du philosophe humaniste de la renaissance. Un peu plus sexy, et c’est d’ailleurs ce que la plupart des gens retiennent…

  • 2Avec Eramus, on peut aussi aller en Suisse ou en Turquie

    VRAI. Erasmus, adopté le 15 juin 1987, a été lancé avec 11 pays (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, France, Grèce, Irlande, Italie, Pays-Bas, Portugal et Royaume-Uni). Mais il s’est petit à petit étendu à 33 pays participants et 169 autres pays partenaires dans le monde, comme la Suisse ou la Turquie. En 2014, le programme devient Erasmus+. Au total, environ 5 millions de personnes en ont bénéficié.

  • 3Depuis "L’Auberge espagnole", l’Espagne est la destination la plus prisée…

    VRAI et FAUX. Il est vrai qu’au niveau européen, l'Espagne reste la destination phare pour les étudiants étrangers. C’est aussi le premier pays par nombre d'élèves envoyés chez ses partenaires européens. Mais les raisons ne sont pas forcément liées au succès du film de Cédric Klapisch, qui retrace les aventures et découvertes bucoliques de Xavier, jeune Parisien à Barcelone. Selon le porte-parole d’Erasmus +, Lucas Chevalier, ce sont surtout "le coût de la vie peu élevé et le beau temps" qui expliqueraient le succès de la destination. Des atouts, il est vrai, largement mis en avant dans le film. Alors, qui de l’œuf ou de la poule a commencé le premier ? La question reste posée.

  • 4Mais… la France est dans le top 3

    VRAI. Cocorico, la France ne démérite pas. Si elle n’est pas sur la première marche, elle figure dans le peloton de tête, dans le top 3, avec donc l’Espagne, et l’Allemagne. Les étudiants de ces trois pays sont également ceux qui voyagent le plus à l’étranger.

  • 5Erasmus a fait naître un million de bébés

    SANS DOUTE VRAI. C’est le député Alain Lamassoure, dont la fille a eu 2 bébés Erasmus, qui a avancé ce chiffre en 2012, et tiré la sonnette d’alarme à une période où le programme connaissait de grosses difficultés de financement. La Commission européenne a par la suite mené sa petite enquête en 2014, de laquelle il ressortait que 27% des étudiants Erasmus avaient rencontré leur conjoint pendant leur année à l’étranger. Elle en avait déduit que "selon les estimations, environ un million de bébés sont vraisemblablement nés de couples Erasmus depuis 1987". Chiffre peut-être donc un peu gonflé, mais qui défend une jolie idée…

  • 6Avec le Brexit, les étudiants ne pourront plus partir en Angleterre

    Normalement, FAUX, mais…Quid d’Erasmus et de l’Angleterre après que le pays a annoncé sa volonté de sortir de l’Union ? Sur le sujet, le ministre britannique des Universités, Jo Johnson, s’était voulu rassurant en octobre 2016, en annonçant que les règles allaient rester inchangées… pour la rentrée 2017-2018. Et nombre d’établissements, comme à Oxford, veulent conserver et rester "une communauté florissante et cosmopolite", et "le résultat du référendum britannique ne changera pas cela", estimait ainsi le directeur des études de la prestigieuse université. "Nos étudiants du monde entier seront aussi chaleureusement accueillis qu'ils l'ont toujours été." Mais les incertitudes sur le calendrier de sortie du Royaume-Uni de l'UE n'aide pas à y voir clair. Ainsi, la célèbre université de Cambridge avait fait part de ses craintes en décembre 2016, indiquant que les demandes d'inscription en provenance de l'UE pour 2017 avaient baissé de 14,1%.

  • 7Erasmus a failli faire faillite

    VRAI. Malgré son succès, le programme a connu de lourds problèmes de financement, et frôlé la faillite en 2012, avec des impayés s’élevant à 5 milliards d’euros pour l’année. Le trou avait été comblé par les Etats européens. Mais les questions de l’époque - du financement des échanges et du coût des frais d'inscription – se posent encore aujourd’hui avec acuité, alors que l’Europe est en plein doute, et que le programme Erasmus+ couvrant la période 2014-2020 est actuellement renégocié à mi-parcours en vue de la préparation du prochain, qui devra nécessairement apporter des réponses après le vote britannique sur le Brexit. Les enjeux sont multiples : poursuivre les projets de mobilité et les élargir, favoriser les partenariats (entre les universités et avec les entreprises) et financer des projets européens. Le 26 septembre dernier, Emmanuel Macron a par ailleurs plaidé pour l'extension du programme Erasmus au-delà du monde étudiant.

  • 8Erasmus n’attire plus

    VRAI. Une enquête Eurobaromètre, publiée en mai 2016 et menée auprès de 10.300 jeunes Européens âgés de 16 à 30 ans, montre que 61% d’entre eux, dont 64% de Français, ont répondu "non" à la question "Souhaitez-vous suivre une formation ou travailler dans un autre pays européen que le vôtre ?" Facteurs explicatifs : Safi Sabuni, présidente du Réseau des étudiants Erasmus estimait dans Le Monde, que "la crise identitaire, démocratique et économique" de l’Union est passée par là, et que l’Europe attire sans doute moins. Mais elle déplorait aussi un "déficit d’information", notamment auprès des jeunes défavorisés. Cette année anniversaire devrait être l’occasion d’y pallier.

> Pour suivre le programme des festivités prévues pour les 30 ans d'Erasmus : generation-erasmus.fr

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