Enfin des solutions pour remplacer les profs absents ?

ÉDUCATION - La ministre de l'Education nationale présente plusieurs mesures ce mardi pour lutter contre le non-remplacement des profs absents. Pour les absences de courte et de longue durées, en primaire, Najat Vallaud-Belkacem va notamment élargir au département tout entier le territoire auquel chaque remplaçant est affecté.

Le non-remplacement des professeurs absents est un problème récurrent. Selon les calculs de la FCPE, au 5 octobre dernier, 2500 jours de cours avaient déjà été manqués depuis la rentrée. Pour tenter d'y remédier, la ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem présente ce mardi des mesures vouées à être mises en oeuvre dès 2017. Parmi celles-ci, un assouplissement du circuit de remplacement, notamment en primaire. 


Alors qu'actuellement chaque remplaçant est rattaché à un territoire (ou une zone d’intervention localisée), dans un rayon de 20 km pour les absences de courte durée, et à tout le département pour les absences dépassant quinze  jours, Najat Vallaud-Belkacem souhaite fusionner les deux catégories, "en fixant le département comme périmètre de nomination et d’intervention des remplaçants". 

Constituer un "vivier unique de remplaçants"

Objectif : se constituer "un vivier unique de remplaçants" pour améliorer le circuit de remplacement "en limitant, dans l’intérêt des élèves, l’affectation de remplaçants successifs en cas de prolongement de l’absence", précise le ministère. En avril déjà, Najat Vallaud-Belkacem avait plaidé en faveur d'une gestion plus fluide et réactive des remplacements, en faisant "en sorte que si l'on ne trouve pas de remplaçants dans une circonscription, on puisse aller chercher ceux de la circonscription voisine". 


En outre, le ministère de l'Education va rappeler aux enseignants "leur vocation à remplacer tout service (toute école, tout poste et pour toute durée)". Des modalités nouvelles, qui avaient été expérimentées dans certaines académies. Dans le secondaire, en cas d'absence courte, c'est l'établissement qui est censé se débrouiller avec des heures supplémentaires assurées par d'autres enseignants. Au-delà de quinze jours, l'académie doit se charger du remplacement. Le ministère veut "réactiver" des protocoles de remplacement des absences courtes, créés en 2005 mais "tombés en désuétude dans de nombreux établissements".

Pour les absences ponctuelles mais à répétition, dites "absences perlées", le ministère veut  généraliser à la rentrée 2017 des protocoles pour "mieux accompagner les personnels en difficulté" (les recevoir, envisager des solutions type tutorat, allégement de service, retrait temporaire...). La gestion des absences prévisibles doit aussi être améliorée. Ainsi, des formations d'enseignants pourront  être organisées pendant les petites vacances, sur la base du volontariat et rémunérées. De même, les jurys et les préparations d'examen seront "organisés de préférence le mercredi après-midi. 

1.500 créations de postes de remplaçants à la rentrée 2017

 

En 2015-2016, il y a eu en moyenne 1,6% de demi-journées de cours non assurées dans le premier degré (13 heures par élève et par an), indique-t-il. Ce taux a atteint 3,1% dans l'académie de Créteil, qui peine à recruter suffisamment de professeurs. Entre 2008 et 2012, sous la droite, il y a eu 1.576 suppressions de postes de remplaçants en primaire, souligne le ministère. Entre 2013 et 2017, il y aura 5.000 créations de postes de remplaçants, dont 1.349 à la rentrée 2016 et 1.500 en 2017.


Les absences non remplacées sont dénoncées chaque année par les fédérations de parents, notamment en Seine-Saint-Denis, département défavorisé et en boom démographique. L'année dernière, la FCPE a recensé plus de 40.000 journées de cours perdues nationalement, d'après les signalements de parents sur son site ouyapascours. 

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