Nanterre : des décharges demandant aux détenus d'"accepter" de dormir par terre

Nanterre : des décharges demandant aux détenus d'"accepter" de dormir par terre

PRISON - Un cadre pénitentiaire de la maison d'arrêt de Nanterre a distribué en janvier, des décharges aux nouveaux entrants, leur demandant d'"accepter" de dormir par terre sur un matelas. L'affaire révélée par le Canard Enchaîné pointe la surpopulation des prisons françaises.

La maison d'arrêt de Nanterre (Hauts-de-Seine) a fait signer un drôle de document à ses détenus pour les "informer" de la surpopulation de l'établissement. Un cadre pénitentiaire "qui a voulu bien faire" selon le directeur de la prison, a en effet fait signer une décharge aux nouveaux entrants leur demandant d'"accepter" de dormir au sol. "J'ai été informé de la surpopulation pénale" et "accepte de dormir sur un matelas par terre pour mon affectation en bâtiment A/B", propose le document révélé par le Canard Enchaîné, qui décrit cette mesure comme une façon d'"éviter les recours" contre "des conditions de détention inhumaines et dégradantes". En somme, une manière de se prémunir en cas d'éventuelles poursuites.

Pour Jimmy Delliste, directeur de l'établissement et secrétaire général du syndicat pénitentiaire FO-Direction, ce document n'a pas été distribué dans ce but. "En aucun cas, il n'y a eu volonté de se prémunir de quelconque recours, ce papier n'a aucune valeur juridique", a-t-il expliqué à France TV Info . Selon lui, cette initiative visait simplement à "informer" les détenus de la problématique que représente la surpopulation dans cette prison qui héberge plus de 1000 prisonniers, pour 592 places.

Augmentation des matelas au sol dans les prisons françaises en 2016

"Beaucoup de détenus sont bloqués au quartier des arrivants et s'en plaignent. Les officiers ont donc décidé de mettre en place ce système pour les prévenir de ce qui les attendait s'ils quittaient ce quartier", a-t-il expliqué. Si le directeur a ordonné de mettre fin à la distribution de cette décharge, il a aussi affirmé que cette initiative était le reflet d'une "vérité" alarmante : celle de la surpopulation des prisons "malgré la loi sur la contrainte pénale de Christiane Taubira". Au 1er janvier 2016, 1 200 matelas étaient recensés dans les établissements pénitenciers français, soit près de 20 % de plus qu'en 2015. 

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