Non, l'Etat ne va pas racheter des hôtels pour héberger des migrants avec l'argent européen

Non, l'Etat ne va pas racheter des hôtels pour héberger des migrants avec l'argent européen

AVEC

La chasse aux intox

Voir
TITRE TROMPEUR – Un site affirme que l’Etat français va racheter des hôtels pour y loger des demandeurs d’asile grâce à un prêt de 100 millions d’euros de la banque européenne de développement social. En réalité, il mélange deux informations bien distinctes au sujet de la SNI, une filiale immobilière de la Caisse des dépôts. On vous explique.
AVEC

"Voilà où va votre argent : dans le paiement des familles clandestines", "tout est bon pour celui qui vient d’ailleurs, au détriment de l’autochtone". Voici ce qu’on peut lire sur le blog "lagauchematuer", dans un article du 10 mars intitulé "La banque européenne va prêter 100 millions d’euros à l’Etat afin de racheter des hôtels pour y loger des migrants". 


Près de 10.000 partages sur Facebook, plus de 3000 réactions en ligne… l’article a tout pour devenir viral auprès des internautes plus ou moins inclinés à droite. Sauf que cette note de blog mélange deux informations bien distinctes pour accoucher d’un titre manipulé, comme nous le démontrons dans le cadre du projet CrossCheck.

Deux opérations qui n'ont rien à voir

D’abord, faisons le tri : la première source affichée par l’auteur est un article du Figaro, qui annonce la vente, par Accor, de 62 hôtels F1 au groupe SNI, une filiale de la Caisse des Dépôts spécialisée dans le logement social. Une opération qui s’est tenue au début du mois de mars 2017, dans le cadre d’un renforcement des infrastructures de logements d’urgence, et dont le Samu social a hérité de la gestion opérationnelle. Le but : permettre l’hébergement, en urgence, à la fois de réfugiés et de personnes sans-abri. 


Une vente qui n’a rien à voir avec la seconde information relayée par l’article : à savoir un prêt de 100 millions d’euros de la part de la banque européenne de développement social (la CEB), organisme lié au Conseil de l’Europe. Et c’est là que la confusion est facile : car ce prêt a été engagé aux côtés d’Adoma, bailleur social et filiale, là encore, de la SNI. Reste que cette transaction, effectuée en septembre 2015 selon cet article de nos confrères des Echos, avait pour unique vocation, non pas d’acheter des hôtels, mais de permettre "des rénovations légères et énergétiques" de logements réservés, cette fois, aux demandeurs d’asile. 

Tout savoir sur

Tout savoir sur

La chasse aux intox

Plus d'articles

Sur le même sujet

En ce moment

Rubriques