Nouveau fusil d’assaut : un seul stand de tir pour former près de 2000 policiers?

Nouveau fusil d’assaut : un seul stand de tir pour former près de 2000 policiers?

ARMEMENT – Les policiers des BAC parisiennes vont recevoir dans les prochaines semaines un nouveau fusil d’assaut, le HKG36. Mais ils ne pourront pas l’utiliser avant d’être formés. Or aujourd'hui, ils sont autorisés à se rendre dans un seul et unique stand de tir en Ile-de-France pour s’entraîner avec ce pistolet-mitrailleur.

La file d’attente risque d’être encombrée. Bernard Cazeneuve a présenté lundi 29 février le nouveau fusil d’assaut des policiers en poste dans les BAC parisiennes. Si l'ensemble des armes devraient être livrées avant la fin de la semaine prochaine, les policiers concernés ne pourront pas l'utiliser de sitôt. Car la mise en place de la formation risque de mettre plus de temps que prévu.

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Le HKG36, le nouveau pistolet-mitrailleur, tire des munitions de calibre 5,56mm. Des balles plus précises et surtout plus perforantes. Ce qui pose d’ores et déjà un problème, celui de la formation. Chaque policier doit en effet valider des séances de tirs afin de pouvoir utiliser cette arme au cours des interventions.

Cazeneuve reconnaît des difficultés

En Ile-de-France, un seul stand de tir permet à l'heure actuelle aux effectifs des BAC de s’exercer au fusil d’assaut. Un seul équipement pour... 1835 policiers. Celui-ci se trouve à Montgeron dans le Val-d’oise . "Avec un seul stand de tir à disposition, la formation risque de prendre beaucoup plus de temps que prévu. On va rapidement se retrouver avec trop peu de policiers habilités pour utiliser cette arme", s’inquiète Laurent Arnaudas, délégué départemental d’Unsa-Police à Paris.

Au cours d’un déplacement au commissariat du 20e arrondissement, le ministre de l’Intérieur, en personne, a reconnu ce lundi 29 février des difficultés. "Il n’est pas simple de trouver des stands de tir adaptés, notamment pour les effectifs travaillant la nuit", a-t-il déclaré devant une cinquantaine de policiers, faisant référence à la difficulté qu'ont ces unités à trouver des centres d'entraînements opérationnels la nuit. Avant de rassurer : "Le préfet de police [suit] personnellement le dossier". 

Nouveau stand de tir aux Batignolles

Pour faire face à la recrudescence à venir des formations, les autorités de la Place Beauvau vont pouvoir s'appuyer sur d'autres infrastructures déjà opérationnelles mais réservées à d'autres unités. Comme celui du Raid à Bièvres (Essonne) ou celles employées par la gendarmerie nationale. "Des conventions peuvent être signées et ouvrir l'accès de sites à d'autres unités. On est en train de voir lesquels. Ça va se faire rapidement", promet-on dans l'entourage du ministre de l'Intérieur.

Une huile de la préfecture de police assure auprès de metronews que cette "problématique" est "prise au sérieux". "Les formations auront lieu, même s’il faudra un peu de temps pour que tout le monde soit habilité", explique cette source. L’entourage du préfet de police compte aussi sur le "nouveau stand de tir de la cité judiciaire", le futur palais de justice des Batignolles, en construction dans le 17e arrondissement. Un bâtiment qui ne doit pas voir le jour avant,  au mieux, juin 2017 .

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