Avec le directeur de l'Essec Jean-Michel Blanquer à l'Éducation nationale, quelle politique pour l'école ?

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TABLEAU NOIR - Quelle orientation donnera le nouveau ministre de l'Education nationale aux réformes scolaires à venir ? Pour le savoir, il peut-être riche d'enseignement de parcourir son livre paru en 2016 : "L'Ecole de demain".

Membre du think tank libéral L’Institut Montaigne, patron de l’administration centrale de l’enseignement scolaire (Dgesco) sous Nicolas Sarkozy et fidèle d’Alain Juppé, on sait déjà que le cœur de Jean-Michel Blanquer, nouveau ministre de l’Éducation nationale, penche plutôt à droite. 


Mais quelle orientation compte-t-il donner aux futures réformes du milieu scolaire ? Pour en avoir une idée, on peut commencer par feuilleter le livre "L'Ecole de demain, propositions pour une Éducation nationale rénovée" que cet ancien recteur et directeur général de l'Essec a publié en 2016 aux éditions Odile Jacob. De quoi donner plusieurs indications sur l’ampleur des chantiers qu’il souhaite engager. 

Pour l'école primaire

Concernant l'école élémentaire, Jean-Michel Blanquer rappelle que sa mission "doit être que chaque élève en sorte en sachant lire, écrire, compter et respecter les autres". Il poursuit : "En arrivant à l'école maternelle, le capital de vocabulaire d'un enfant peut varier du simple au triple. L'école peut remédier à cela par des stratégies adaptées pour que l'enfant entre en CP avec tous les atouts. Il faut donc une école maternelle qui soit l'école du langage". Le nouveau ministre prône par ailleurs dans son ouvrage que 20 heures par semaine sur 26 soient "consacrées au français et aux mathématiques". 

Pour le collège

On retrouve ici l'un des principaux arguments de Jean-Michel Blanquer en matière de réforme scolaire : le nouveau ministre aspire en effet à une plus grande autonomie des collèges, dans le but de renforcer les pouvoirs des chefs d'établissement qui pourraient alors recruter et évaluer eux-mêmes les professeurs. Toujours selon lui, l'idée d'une "autonomie en matière d'usage des volumes horaires" serait une piste à étudier. 


Par ailleurs, l'ex-recteur des académies de Guyane et de Créteil souhaiterait "passer du collège unique au collège commun", où le parcours peut être "personnalisé". Il estime aussi qu'il faut "diviser par deux la taille des classes" dans les zones d'éducation prioritaire.

Pour le lycée

Au lycée général, Jean-Michel Blanquer voudrait rapprocher les séries S, ES et L, et litmiter le nombre d’épreuves au baccalauréat pour se concentrer sur le contrôle continu. Concernant le lycée professionnel, il souhaite rendre à l’apprentissage "une place plus systématique", "tourné vers l'entrepreneuriat, le digital, les savoir-faire à la française".

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