Paris : 17 policiers radicalisés recensés entre 2012 et 2015

Paris : 17 policiers radicalisés recensés entre 2012 et 2015

SÉCURITÉ - On ne penserait jamais à eux et pourtant : 17 policiers radicalisés ont été recensés entre 2012 et 2015 à la préfecture de police de Paris. Une note inquiétante révélée dans le livre "Où sont passés nos espions ?".

Dix-sept cas de policiers radicalisés ont été recensés entre 2012 et 2015 dans les rangs de la police de proximité en agglomération parisienne, selon une note révélée mercredi par le livre Où sont passés nos espions ? (aux éditions Albin Michel) et dont Le Parisien avait parlé en mars dernier. Cette note de la Direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP), datée du 9 décembre 2015, vise à cerner ce phénomène qui "a connu une accélération en 2014".


Ces radicalisés sont "jeunes, entrés dans la police au milieu des années 2000 et issus d'un concours interne, nombre d'entre eux étant d'anciens adjoints de sécurité, les emplois jeunes de la police", précisent les auteurs. Quatre des 17 cas sont de jeunes convertis. Parmi eux, A. devenu gardien de la paix en 2012 qui, après un voyage à La Réunion en 2013, a surpris ses collègues par son comportement "effacé" lors du contrôle d'une femme voilée. Ses collègues racontent son "obsession d'écouter des chants religieux en patrouille" et comment il a profité d'un arrêt pour aller acheter des burqas à sa femme.

Un suicide professionnel ?

"Les femmes aussi sont impliquées dans un tiers des incidents et semblent très déterminées, n'hésitant pas à affronter leur hiérarchie", notamment au sujet du port de l'uniforme et des tenues vestimentaires. L’une d’entre elles, en poste dans le XVIIe arrondissement de Paris, a été condamnée en appel en 2016 à dix mois de prison avec sursis et interdiction d'exercer pendant deux ans après avoir posté sur Facebook des propos menaçants. "J'ai encore plus honte de porter du bleu. Si j'étais à la place des terroristes, cela ferait bien longtemps que j'aurais fait péter l'Elysée et tous les enc... qui y bossent", avait-elle publié.


Interrogé par Le Parisien, le sociologue Farhad Khosrokhavar avait relativisé : "La radicalisation suppose un passage à l'acte violent. C'est pourquoi je parlerais plutôt ici de fondamentalisme. Cette forme d'enfermement relève rarement d'une attitude mûrement réfléchie mais révèle une impulsivité et une fragilité mentale. En se comportant ainsi, ces personnes savent qu'elles s'exposent à une sanction et, à terme, à une exclusion. Il s'agit ni plus ni moins que d'un suicide professionnel".

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Scruter les réseaux sociaux pour détecter la radicalisation, la solution contre la menace terroriste ?

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