Paris : annulations en série des conférences sur le terrorisme

Paris : annulations en série des conférences sur le terrorisme

SOCIÉTÉ – Plusieurs conférences sur le thème du terrorisme et de Daech ont été annulées dans la capitale depuis le mois de novembre pour des raisons de sécurité. David Thomson, journaliste à RFI et spécialiste du djihadisme, a ainsi vu plusieurs des événements qu'il devait animer décommandés à la dernière minute. "Les conférences sur le terrorisme ne sont pas les bienvenues à Paris en ce moment", nous confie une source policière.

Le 16 décembre, c'est dans l'enceinte de la Sorbonne qu'il devait animer un débat sur le thème "L'Etat islamique : Jihadisme, islam politique et enjeux géopolitiques". Moins de quinze jours avant l'événement, David Thomson, journaliste à RFI et spécialiste du djihadisme, apprenait que celui-ci était annulé en raison de l'état d'urgence.

Ce vendredi, le spécialiste annonçait sur son compte twitter que la conférence sur le thème "Attentats de Paris, que peut-on faire face à Daech ?" qu'il devait donner avec Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po et spécialiste de l’islam contemporain, le 27 janvier prochain dans les locaux de son éditeur Les Arènes, était elle aussi annulée.

"Les conférences sur le terrorisme ne sont pas les bienvenues à Paris en ce moment, nous confie une source policière sous couvert d'anonymat. Nous sommes dans le cadre de plan Vigipirate, dans un contexte d'état d'urgence. Le sujet est certes intéressant, mais ces débats comportent des risques, notamment par rapport au public qu'ils peuvent attirer et aux réactions qu'ils peuvent susciter. Nous sommes aujourd'hui à flux tendu et il est techniquement impossible d'encadrer correctement toutes ces manifestations".

"Je n'ai jamais été menacé"

"C'est un choix de mon éditeur, je l'accepte, réagit David Thomson, joint par metronews. Ils avaient demandé au commissariat du 6e arrondissement que des policiers puissent surveiller le site le temps de la conférence, mais la demande n'a pas été acceptée". Les Arènes précisent qu'elles auraient pu se tourner vers la préfecture de police mais qu'elles ont préféré tout simplement annuler l'événement au regard du contexte, soulignant toutefois qu'elles n'avaient reçu "aucune menace".

Interrogé sur les débats réguliers qu'il anime, David Thomson indique "qu'à chaque fois des policiers sont présents". "Je n'ai jamais été menacé au cours de ces événements. Les gens viennent apprendre des choses sur des sujets qui les intéressent".

Le journaliste précise d'ailleurs qu'en province, l'ambiance n'est pas la même. "Quand je fais ça en région, il n'y a jamais de problème. J'étais à Caen en novembre, tout s'est très bien passé. Samedi dernier, j'étais à Nîmes, il n'y a eu aucun problème. Pourtant à Nîmes, il y a un 'vivier'. J'étais à Bruxelles au Théâtre national de Belgique lundi, il n'y a eu aucun souci", déclare-t-il.

Un événement prévu en mars

Alors que l'état d'urgence devrait être prolongé de trois mois , David Thomson s'interroge sur sa prochaine intervention qui doit avoir lieu fin mars. L'association tunisienne qui l'a invité à animer ce débat autour de la "sécurité" a fait savoir que ni la date ni le lieu n'étaient à ce jour définitif. "Une salle du 13e arrondissement a refusé de nous accueillir en apprenant le thème du débat. Nous avons peut-être trouvé un lieu, dans l'est de Paris, mais nous ne dévoilerons peut-être pas le sujet".

Côté sécurité, l'association tunisienne, qui ne préfère pas être citée, indique que "bien sûr", il y aura des contrôles. "Nous n'avons pas contacté la préfecture de police de Paris mais nous prendrons des vigiles pour encadrer le débat".

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