Paris : coup de sang contre la taxe tampon

Paris : coup de sang contre la taxe tampon

DirectLCI
REPORTAGE - A l’appel du collectif féministe "Georgette Sand", plusieurs dizaines de personnes se sont réunies ce mercredi 11 novembre place du Châtelet à Paris, afin de protester contre la taxe sur les produits d’hygiène féminine.

"Les tampons, ça coûte bonbon!", "Nos ovaires voient rouge!" Sur la place du Châtelet à Paris ce mercredi après-midi, ce n’était pas la foule des grands jours mais la créativité était au rendez-vous. A l’appel du collectif féministe "Georgette Sand", plusieurs dizaines de personnes – hommes et femmes – ont répondu présent afin de protester contre la taxe sur les produits d’hygiène féminine.

Vêtus de rouge et de blanc, déguisés en tampons géants ou arborant fièrement des culottes tachées de sang, les manifestants ont encore le refus des députés en travers de la gorge. Le 15 octobre dernier, à l’Assemblée nationale, l’amendement au projet de loi de finances 2016, permettant d’abaisser la taxe de 20% à 5,5% sur ces produits , a en effet été balayé. La raison : tampons, serviettes et coupes menstruelles ne seraient "pas des produits de première nécessité".

EN SAVOIR + >> L'Assemblée nationale rejette la baisse de la taxe sur la protection hygiénique

"Qu'ils taxent les sodas à la place !"

Un argument qui reste en travers de la gorge d'Anouk, 40 ans, venue à ce rassemblement en tant que simple citoyenne : "Je viens seulement de réaliser que les tampons sont autant taxés. On a tellement intégré le fait que c’est cher qu’on ne s’en rend même plus compte. Mais quand j’ai su que les pizzas et les sodas étaient seulement taxés à 5,5%, là, j’ai vraiment trouvé ça scandaleux." Un collier de tampons autour du coup, Anouk ajoute : "Une taxe à 20%, ça fait du tampon un produit de luxe. C’est peut-être comme ça qu’ils veulent qu’on les porte ?" Non loin de là, Marguerite, 26 ans, acquiesce : "On nous parle d’un manque à gagner de 55 millions d’euros si cette taxe disparait. Mais qu’ils taxent les sodas à la place, on en boira moins!"

A partir du 19 novembre, l’amendement sera à nouveau débattu au Sénat. Un espoir pour les révolté(e)s de la taxe tampon ? Alice, jeune Parisienne et militante d’Osez le féminisme, veut y croire. "Mais à un moment, c’est aux politiques de faire le job ", ajoute-t-elle. "C’est-à-dire de supprimer cette inégalité qui pèse sur la moitié de la population."

Des mesures contraignantes communautaires ?

De son côté, Christophe, membre du collectif Georgette Sand, sait que ce rassemblement a une valeur symbolique. Il s’attend néanmoins à de bonnes surprises. "On ne pensait pas assister à une telle mobilisation sur les réseaux sociaux au moment du rejet de l’amendement. Ça veut dire que de nombreuses femmes se sentent concernées et veulent voir la situation changer."

Reste que la décision ne leur appartient plus. "Certaines TVA changent tous les ans, c'est un fait. Il est donc possible de diminuer celle sur les tampons. On attend impatiemment de l’Union européenne qu’elle finisse par prendre des mesures contraignantes sur le sujet." En Irlande, par exemple, ces produits sont tout simplement… à taux zéro.

Plus d'articles

Sur le même sujet